Lundi 23 juin 2008

Après l'allusion aux évenements presque sanglants qui se sont déroulés, eux-mêmes, dans l'université, le temps est venu de mentionner ce que votre serviteur faisait, froussard qu'il est, pendant ce temps. Froussard car la guêpe n'est pas folle et s'enfuit à toutes jambes lorsqu'elle entend quoi que ce soit qui ressemble de près ou de loin à un bruit de bottes, comme par exemple le vert kaki, à la condition qu'il soit assez sûr de lui pour s'entendre, cela va de soi. Froussard, mais aussi flemmard, n'ayant à la vérité attendu que la salvatrice intervention de quelques jeunes révolutionnaires remontés à bloc (de ceux qui dans quelques années seront sans doute des vieux ---, cyniques et blasés) au point de mener à bien l'interruption des activités académiques et admninistratives de l'université, youpee, reprenons, pour filer et m'éloigner à quelques centaines de kilomètres. Froussard, Flemmard et enfin Frileux, car ces quelques centaines de kilómètres évidemment il aurait été hors de question de les parcourir vers le sud, je vous rappelle que de ce côté-ci de la planète, plus on va vers le sud, plus il fait froid, en général. Vers l'ouest, une option à rejeter également, car par là bas à l'obstacle de la température s'ajoute celui du taux d'humidité. Vers l'est, peu enthousiasmant, le slalom en bus à des milliers de mètres d'altitude avant d'arriver chez ceux-qui-ont-un-drôle-d'accent-quand-ils-parlent-et-des-mots-tout-bizarre-que-je-ne-comprends-pas-tout-le-temps, j'ai déjà donné. Enfin, le nord (s'il y a quelque chose que j'ai retenu des cours de géographie à l'école, ce sont les quatre (?) points cardinaux, que l'on ne rappelle pas assez souvent à sciences-po, d'ailleurs, ils devraient se méfier, on ne sait jamais, après un certain temps la mémoire commence à être sélective, ne dites pas que je ne vous avais pas prévenu, je mets ces lignes à l'abri à titre de preuve).
Le Nord donc, qui de ce côté de la planète Terre, notre grande maison à tous, on l'oublie trop souvent, d'oú cette tendance abusive à compter sur l'intervention d'une hypothétique femme de ménage, ou homme de ménage, d'ailleurs, encore une profession sexiste. Le Nord donc qui par ici, disais-je, est synonyme de chaleur, de sécheresse, de caravana de la muerte, aussi, mais je ne vais pas commencer à digresser là dessus sinon je n'ai pas fini. Le Nord, qui, dit à la chilienne, donc, "el norte", en jette beaucoup plus, en particulier un souffle chaud et sec, en plus du fond de nouveauté qui pour moi l'emballe, en effet jusqu'ici je n'avais connu que le sud, le froid et humide, et ce qui du nord était froid et humide, aussi (c'est-à-dire, le mini nord, le nord tout proche, Valparaíso en fait, et un peu plus au nord s'il vous plaît, Horcón, mais alors pas loin du tout).
Donc ce jeudi, je dis ce jeudi mais je ne sais plus lequel, l'antepenultième, je pense, à peu prés, pas je pense à peu prés mais je pense qu'à peu près, je précise, je ne pense jamais à peu près (enfin, c'est ce que j'aime à penser, mais la vérité est que je pense à peu prés comme tout le monde. d'ailleurs, tout est à peu prés, sisi, j'insiste, et pas à peu près, une fois n'est pas coutume). Ce jeudi donc, apprenant vers trois heures de l'après-midi et avec grande joie que l'Université venait d'être investie par un groupe d'ennemis du grand capital (les ennemis de mes ennemis sont mes amis, d'où ma grande joie, donc), nouvelle criée depuis l'autre côté de l'avenue Providencia par Valentina alors que tranquillement en bon élève que je suis j'allais en cours, Valentina qui accessoirement avait participé quelques jours plutôt à la Toma du siège du PPD, parti de la coalition au pouvoir, décidément,  son buenos para tomar, jejeje. Apprenant donc la nouvelle, regroupons nos moutons, je revins à la maison, et pris la résolution de partir tôt le lendemain au nord, pour toutes les raisons ci-dessus exposées longuement, et laborieusement du fait de cette tendance douce-amère à la digression dont il faut que je me defasse, ou pas. Au nord donc, et le lendemain, pas le soir-même, car ce soir-même en question, je m'étais engagé, avec peu d'enthousiasme, chose qui allait se révéler justifiée un peu plus tard, mais je ne vous dirai pas pourquoi, à assister à la Fiesta ChinChinTirapié, au Galpón Victor Jara (Victor jara qui mériterait une digression, lui aussi, tout comme son triste sort -qu'il ne méritait pas, qui mérite ça, je vous le demande.). Je m'étais engagé et j'avais acheté l'entrée, aussi, ce qui n'est pas peu important, ce qui m'a poussé à y aller de toute façon, à m'ennuyer devant un groupe de Cueca qui jouait et dansait bien la Cueca, c'est-à-dire, mal, la Cueca mériterait une autre digression, sur laquelle je dois me mettre d'accord avec Tristan parce que sur la Cueca comme sur d'autres choses, il se trouve que nous avons la même opinion. D'ailleurs je vais lui demander et/ou aller faire un tour sur son blog, histoire de voir si par hasard il n'aurait pas déjà digressé sur le thème, ce qui m'épargnerait des efforts plus amples qu'un copier+coller. Je ne vais pas éclairer vos lanternes, ou votre lanterne, je ne sais jamais, ni d'ailleurs si les allumettes que je n'ai pas seront assez nombreuses pour le faire. Je ne vais pas éclairer vos lanternes, disons, disais-je, sur ce que c'est que la Cueca, parce que cela voudrait dire entrer de plain pied dans la digression, sable mouvant et collant dont j'aurais beaucoup de mal à sortir, et qui me conduirait, à coup sûr car comme d'habitude, jusqu'à parler de Pinochet, ce qui commence à m'écoeurer un peu. Ennui devant la Cueca donc, jusqu'à ce que surgissent les joyeux drilles du groupe carnavalesque ChinChinTirapié, très bonne musique, très bons danseurs et chorégraphie gesticulatoires, costumes très brillants, tout ça m'aurait presque mis de bonne humeur, si je n'avais pas l'esprit occupé par le manque de sommeil (tout est relatif) et la frustration suivant logiquement la non-conclusion d'un essai sur les FARC entrepris l'après-midi précédent dans le cadre d'une filière de technologie médicale Pour une fois mon imagination n'a rien à voir avec ça, je vous le jure.
Comme mon petit corps a besoin de dormir beaucoup, beaucoup, histoire de compenser un indice de masse corporelle sans doute toujours trop bas, malgré l'abus d'empanadas, tous les prétextes sont bons, je dus quitter la fête qui commençait justement à être intéressante, et gagner mon lit, qui se trouvait à peu de kilomètres de là. Le matin suivant, levé assez tôt, je ne sais plus à quelle heure, tout ce dont je me souviens c'est du caractère inédit de l'heure oú j'ai ouvert les paupières, avant neuf heures donc. Levé tôt, déjeuné bien, écrasé soigneusement dans le metro, encore que j'aie connu pire, acheté billet, à la Serena, toute.

Je pensais en avoir fini avec les digressions, mais je suis désolé, à l'instant en me repassant le film dans ma tête, je me souviens d'une autre anecdote, qui m'a aussitôt happé comme le font toutes les digressions quand j'ai l'humeur, c'est-à-dire, du temps. En arrivant au terminal de bus de la Serena, ce même vendredi un peu plus tard dans la journée, vers 16 heures, à peu près à l'instant même qui voyait ma déception devant la devanture fermée du kiosque des informations touristiques, un commentateur quelconque se mit à crier, goooooooool, et avec encore plus de o, et je ne vous dit pas quand c'est le Chili qui joue, et marque. La voix venait de la télévision du café de la mezzanine du terminal, qui retransmittait, je vous le donne en mille, paf, France-Pays-Bas. Je montai quelques marches pour en savoir plus, vis la mine réjouie de Thierry Henry, qui ne savait pas encore ce qui l'attendait, évidemment, il n'est pas devin comme Raymond, puis le score, 1-2, ils sont mal barrés, pensai-je(dans ces cas là, je ne pense jamais on est mal barrés, je préserve mon ego, toujours), mais après tout pas trop mal,  ça pourrait être pire, et de fait ce fut pire alors que j'avais à peine terminé de descendre les marches que je venais de monter, ce qui me fit quitter le terminal avec un sourire au lèvres, jejeje. Sourire qui n'avait rien de comparable avec la véritable banane acquise quelques minutes plus tard alors que je passais devant un café-restaurant du centre, la télé allumée, le match à peine terminé, les commentateurs ne sachant plus s'il fallait donner de la tête au dernier but ou bien aux trois coups de sifflet consécutifs de l'arbitre.

Après cette parenthèse footballistique, futbolística comme on dit par ici, : des images. Avec des commentaires plus succints, parce que tout le temps que j'avais devant moi s'est brusquement réduit au strict minimum, tout comme mon manque d'appétit qui suffit maintenant tout juste à m'éviter la mort par inanition.


D'abord et avant tout, sauf lui-même: le phare de la Serena, après tout assez laid, je ne vois plus pourquoi je l'ai mis. Sans doute parce qu'il figure sur toutes les cartes, postales, sauf celles de bon goût, sur lesquelles il ne figure pas, CQFD.

Une des innombrables églises du centre historique de La Serena, par ailleurs superbe.


Au premier plan, le Palais de Justice régional, et au second/deuxième, comme on voudra, l'eglise qui donne sur la Plaza de Armas.

Une façade typique du centre historique de La Serena, qui date de la colonie. Couleurs typiques et reglementaires. Je me rends compte que je n'ai pas de meilleure photo, grosse déception.





La même église que la première, mais le lendemain et tôt le matin, enfin tôt, tout est relatif, alors que je fus surpris sur ma route pour Coquimbo par l'intensité du brouillard, surtout au vu de la légende qui dit que le nord est sec, très sec. Légende à laquelle je me suis plus tard convaincu de croire à nouveau, mais un peu plus loin de la côte.

Etape suivante, comme je l'ai inqiqué: Coquimbo, tout près et un peu moins au Nord. Contrairement à tout le monde avec qui j'en ai parlé, ça ne m'a pas beaucoup intéressé, moins que La Serena, en tout cas. J'ai du rater des trucs, mais pas les trois suivants:

1. Le centre culturel Mohammed VI, tout récent, financé en partie par le roi du Maroc du même nom, et à l'initiative du maire maintenant suspendu, excentrique d'ailleurs, le peu que j'en sais vaudrait une digression, tiens, ; édifice visant entre autres choses à accueillir quelques unes des prières des deux familles musulmanes de la région. Et peut-ètre accessoirement, à convertir à l'islam ceux des chrétiens qui auraient la bonne idée de trouver moche l'immense croix en béton dite du troisième millénaire, qui fait office de pendant de la mosquée, sur la colline d'en face. Pour la peine, elle n'aura pas droit à la publication de sa photo, na.


2. Le port de pêche de Coquimbo, avec les pélicans qui le squattent.




3. Le marché aux poissons et autres fruits de mer qui ont échappé aux becs voraces des créatures ci-dessus mentionnées. Sans commentaires.
Après Coquimbo, départ pour el Valle de Elqui, légendaire, dont j'aurai beaucoup entendu parler. Premier stop à Pisco Elqui, berceau du Pisco, dont il vaut mieux éviter la consommation avant d'en être sorti, du berceau. Et après aussi, d'ailleurs, tellement ce n'est pas bon. À part ça, un très beau petit village, rôtis savoureux, façades ensoleillées, atmosphère dégagée et crainte des coups de soleil: ça faisait longtemps.

Un peu plus loin du bout de son nez, le mien, en l'ocurrence, une vallée grandiose, des vues superbes, des vignes et des cactus.
Spectacles féeriques que je ne souillerai pas de mes commentaires toujours déplacés







- Par Martin
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