Vendredi 20 juin 2008

Hier la Chambre des Députés chilienne a approuvé la LGE,  Loi Générale sur l'Education présentée en urgence par le gouvernement. Selon ce dernier, il s'agit d'un pas historique, puisqu'elle annule et remplace la LOCE (Loi Organique Constitutionnelle d'Enseignement), votée par la Junte militaire et publiée au bulletin officiel le dernier jour de la dictature militaire, en mars 1990, la veille du passage d'écharpe de Pinochet à Aylwin. Et en vigueur jusqu'à aujourd'hui, donc.
Le souci c'est que cette loi ne change à peu près rien au dispositif mis en place par le régime néolibéral: le principe de subsidiarité et la supposée liberté d'enseignement, porte grande ouverte aux buts lucratifs dans l'éducation secondaire, et supérieure. D'oú une situation dans laquelle la majorité des familles doivent envoyer leurs enfants dans des établissements privés, subventionnés ou pas (et donc moins ou plus chers); l'éducation municipalisée (et non nationale, d'oú les inégalités territoriales mises en évidence par une récente enquête) étant essentiellement dediée aux quartiers pauvres.
Je vous parle bien d'un gouvernement dont la présidente est une militante de longue date du parti socialiste, dont le père, militaire dissident, torturé et décedé dans les prisons de Pinochet, et qui elle même a connu le passage par la Villa Grimaldi, puis l'exil en Europe.
Un gouvernement selon elle "des citoyens", ce pour quoi la phase préliminaire à l'élaboration de la LGE a comporté un dialogue nourri avec tous les acteurs du secteur, professeurs, élèves, étudiants, etc. Vaste discussion dont les principaux points (interdiction des etablissements à but lucratif, etc.) ont vite été oubliés, au bénéfice de la politique des "pactes": dans ce pays au passé rupturiste, la gauche est tellement traumatisée qu'elle préfère s'assurer du soutien de la droite plutôt que tenter de respecter ses propres idéaux, pourtant si peu révolutionnaires. La Concertación s'est donc mise d'accord avec la droite néolibérale sur un projet à minima, malgré l'opposition de principe de quelques parlementaires socialistes (le plus courageux, Carlos Montes, ayant hier osé s'abstenir lors du vote). Résultat: il fallait que tout change pour que rien ne change, doter la legislation oligarchique des tours de la démocratie, pour que le système neoliberal soit encore un peu moins contestable et contesté. Le gouvernement de Lagos avait fait la même chose avec la Constitution en 2005 (le gouvernement de Lagos, c'était quelque chose).
Les colégiens et étudiants ont réagi de façon assez active (en comparaison avec la société civile, en général, et l'impressionnant silence, pour ne pas dire boycott, de la presse): ces derniers mois, ils se sont mobilisés plusieurs fois dans la rue, il y a eu des mouvements de grève et d'occupation des établissements, etc. Et de façon de plus en plus intense au fur et à mesure que la date du vote s'approchait. A l'UAHC en particulier, la plupart des filières ont été en grève de manière plus ou moins continue depuis plusieurs semaines; et jeudi 12 a commencé le blocage des bâtiments 24h/24 par un groupe d'étudiants. Comme j'en ai aussitôt profité pour aller faire un tour-istique vers le nord, je n'ai pas encore bien compris si la décision fut bien démocratique. Toujours est-il qu'après une partie de ping-pong de communiqués entre l'Assemblée Inter-escuelas (qui regroupe des délégués de chaque filière de l'Université) et la direction (Rectoría), un accord a été trouvé sur la fin de l'occupation pour ce mercredi dernier, à 16heures, ce qui s'est fait. Pas de dégâts matériels, comme cela avait été le cas en des occasions précédentes (acá, son buenos para tomar, jejeje), mais de beaux, et d'autres moins beaux, tags et autres motifs muraux. Engagés, cela va de soi.



Comme c'est subtil. Pour ceux qui ne saisissent pas, et c'est bien normal, il faut d'abord savoir que le clivage politique principal parmi les étudiants "engagés" de l'UAHC n'est pas l'opposition droite-gauche, ni même  Concertación-gauche alternative, mais celui qui oppose les communistes aux anarchistes. D'oú ce cri de colère d'un anarchiste au fort bon goût, qui remémore avec colère les affrontements entre ces deux groupes au sein du camp républicain pendant la guerre civile españole de 1936-1939.
Mmm, sans doute rien avoir avec la Toma, mais je trouvais ça joli, c'est tout.
itou
Claudia López, étudiante de danse de l'UAHC, morte d'une balle de carabineros lors d'une manifestation en 1998.


Bachelet: "J'ai enculé tout le monde !".


Mmmm, parmi les communistes il ya ausi ce conflit, entre les Communistes - Acción Proletaria, accusés de stalinistes (voire, quand les esprits s'échauffent, stalinistes enculés) par les communistes "mainstream".


Chez les communistes (qui, une fois n'est pas coutume, font donc figure de "centre" politique), naissent certaines initiatives conciliatrices des mains tendues vers l'anarchisme, comme celle-ci.

La réponse peu parfois être cinglante, comme ce tag qui dit, ailleurs, accolé au même dessin au pochoir: "jajaja.  y capitalismo solidario."

Une comparaison qui, vous l'aurez compris, fait mal à l'égo.

Quelques motifs tout aussi engagés et avec un peu plus de recherche esthétique... Plus oecuméniques, aussi.

Encore que dans ce cas, la prédominance du couple noir/rouge risque de fâcher les communistes.

Par Martin
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Jeudi 19 juin 2008



Jusqu'à récemment, je n'étais pessimiste que par principe sur les chances de victoire présidentielle de Barack Obama. Pessimiste par principe histoire de parer à toute éventualité et de ne pas se réveiller avec un gros mal de tête le mercredi suivant le premier mardi de novembre. Mais dans le fond, je n'étais pas très inquiet: comme tous les media, ici et ailleurs, en Europe comme aux Etats-Unis, nous le répètent depuis avant les élections au Congrès de 2006, au moins, j'avais la conviction qu'en 2008, ce serait au tour des démocrates d'occuper la Maison Blanche, après 8 ans de gestion républicaine majoritairement jugée catastrophique par les citoyens concernés.

La stupidité des remarques de mon prof de sciences politiques renforçait presque, paradoxalement, mon optimisme: " "ils" ne laisseront jamais un noir qui a un middle name à consonance arabe être président des Etats-Unis", etc. S'il n'y avait pas d'argument plus convaincant pour se desespérer, alors on pouvait dormir sur ses deux oreilles.

Et puis je suis tombé sur plusieurs trucs qui m'ont fair retomber sur terre. D'abord, cette inquiétante page web de Gallup, important institut de sondage, qui donne Obama et McCain à égalité de façon quasi invariable depuis plueiurs semaines, malgré la dramatisation de la course des primaires, la surexposition médiatique de obama et l'absence d'attaque d'envergure contre son image, pratique dont les républicains sont friands. A égalité seulement jusqu'au retrait officiel de Clinton, qui a redonné un peu d'air à Obama. A suivre, mais pensons que les campagnes de salissures n'ont pas encore commencé.

Ensuite, je tombe sur cet article de Politico (http://www.politico.com/news/stories/0608/11182.html) qui suggère que Obama pourrait subir une réedition du douloureux épisode de 2000, remportant le vote populaire mais perdant le collège électoral. En effet l'ampleur de son succès parmi les élites libérales des Etats de toute façon acquis aux démocrates (Nord-Est, Californie, essentiellement) et la mobilisation sans précédent de l'électorat noir dans les Etats tenus par les Républicains avec des marges peut-être insurmontables (Louisiane, Caroline du Nord, Mississippi, Géorgie, etc.) pourrait booster son score national mais en rien l'aider à conquérir plus de grands électeurs que John Kerry en 2004. A propos, il est bon de rappeler qu'il y a quatre ans, s'est presque déroulé un scénario inverse: malgré une énorme marge nationale (trois millions), Bush est passé à deux doigts (120 000 voix) de perdre la présidence dans le seul état de l'Ohio. Dans le cas qui nous intéresse (ou pas, à vous de voir), les  démocrates ont peur des éventuelles faiblesses de Obama parmi l'électorat blanc, respectivement ouvriers et retraités, des Etats décisifs que sont la Pennsylvanie et l'Ohio d'une part, et la Floride d'autre part.

Structurellement, les faiblesses gigantesques de Obama sont pointées du doigt par Noam Chomsky (voir notamment http://www.rebelion.org/noticia.php?id=65392 ). D'abord le fait qu'il soit noir (ou plus ou moins, ce qui revient au même: il n'est pas blanc), ce qui risque de lui aliéner jusqu'à une partie de l'électorat traditionnellement démocrate, en particulier dans les Etats clé.  Ensuite, la "machine diffamatoire" des républicains, qui ont de leur côté et de toutes ses forces, la chaîne de télé FOX, au moins. Chomsky dans l'interview dont j'ai mis le lien, réalisée avant les primaires, dit que l'efficacité de la diffamation serait aussi forte contre Clinton que contre Obama. Pour ma part j'en doute, pour deux raisons. D'abord, Obama est un personnage au "record" encore largement inexploré. En d'autres termes, c'est une vraie matière première toute disposée à la salissure (contrairement à Clinton, qui a déjà passé 16 ans sous le feu des projecteurs et les crachats de ses ennemis). Ensuite, Obama est "intrinsèquement" vulnérable aux entreprises visant à saper sa popularité: il a un passé trop à gauche pour plaire, de longues amitiés quasi antiaméricaines (Reverend Wright), bref une mine inespérée pour les groupes pro-McCain. Il est probable qu'ils attendent que la campagne entre dans sa phase finale (les deux derniers mois), pour faire usage de ce type d'armes fatales.

Quant à l'avantage financier dont dispose Obama, il est tout relatif, si l'on prend en compte les ressources des partis respectifs. Les dons aux National Commitees respectifs sont très à la faveur du parti Républicain, car ils ne sont pas plafonnés, et on sait de quel côté sont les gros lobbies.

Enfin: l'enthousiasme suscité par la candidature de Obama risque de retomber dans les cercles progressistes. Les grands mots The new politics, Change, etc, ont des chances de se réveler être de simples coquilles vides. La fin de la bataille des primaires, qui se limite jusqu'à un certain point au choix d'une personne (dans le sein d'un parti relativement homogène idéologiquement), et le début de la campagne nationale, qui met un peu plus l'accent sur le contenu des propositions en jeu, vont demander des efforts de concrétisation de la part des deux candidats qui restent en lice. Les premiers indices sont peu rassurrants en ce qui concerne Obama. Alors que pendant les primaires, il avait dénoncé l'impopulaire traité de libre-échange nord-américain (NAFTA), annonçant son intention d'amémnager profondément ses termes et son application, il vient de nuancer sa position, en partie sans doute pour ne pas s'aliéner les grands groupes commerciaux et l'establishment de la pensée économique (http://www.thenation.com/blogs/thebeat/330911).Virage qui devrait en particulier affaiblir d'avantage ses positions en Ohio et Pennsylvanie...
Plus structurellement, son discours économiquement redistributif serait purement et simplement démagogique, semble suggérer Naomi Klein sur le même site (http://www.thenation.com/doc/20080630/klein). Elle pointe du doigt le monopole qu'exercent les économistes néo-libéraux dans son "economic policy team".
Un signe du début de la fin de la lune de miel: l'hebdomadaire de gauche The Nation, tant de fois mentionné, pendant les primaires presque unanimement dédié à la défense de la candidature de Obama contre Clinton, commence à froncer sérieusement les sourcils.

En conclusion: je suis pessimiste. Obama va sans doute perdre. Et s'il gagne, ce ne sera pas mieux








Par Martin
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Jeudi 19 juin 2008


Ces jours-lá étaient une période riche en anniversaires, dont le mien, ce qui m'a poussé a me faire un petit plaisir et aller me promener à vélo chez les classes moyennes de Santiago (c'est-à-dire, le huitième décile, dans l'échelle de répartition des revenus, au moins), histoire de me bercer d'illusions en m'abreuvant visuellement de ce à quoi, décidément, le monde ne ressemble pas.
Un petit tour chez leurs petites têtes blondes, donc, puisqu'ici le clivage social recoupe avec une exactitude frappante les différences ethniques (ça c'est du politiquement correct. En fait, il s'agit de la différence ethnique: celle qui sépare les hispano/originaires, les vrais chiliens, des nord-européens version chilensis). Blonds, ou presque, les châtains clairs faisant dans ce monde de bruns figure de véritables albinos.
Y aller en vélo, c'est l'occasion de se rendre compte que ce n'est pas si loin, qu'ils vivent bien dans le même monde, ces êtres bizarres. Ils partagent le même voisinage des rives du Mapocho, à la différence que dans le centre le fleuve joue un rôle structurel dans le tissu urbain et socialement représentatif (ses eaux sont aussi sales et maltraitées que les rues). Du côté de Providencia au contraire, le fleuve est comme caché, invisible, on ne peut s'en approcher qu'en passant en voiture sur les multivoies qui le longent et l'encadrent de béton. Les espaces piétons et centres commerciaux s'étalent quelques blocs plus au sud, dans une forêt d'immeubles brillants de prétention et de devantures colorées jusqu'à la nausée.
By the way (histoire de succomber à la frénésie anglo-saxonisante qui caractérise l'oligarchie chilienne des temps modernes), il est assez agréable de prendre son vélo pour faire autre chose que les déplacements quotidiens et obligatoires, type San Pablo con Amunátegui- la U, et de découvrir avec un nouvel oeil certains endroits déjà connus mais seulement par l'intermçediaire des transports en commun, notamment le metro. Le metro, qui a une fâcheuse tendance à transformer la ville en une série d'îlots symboliquement lointains les uns des autres. Tobalaba, Los Leones, Pedro de Valdivia, etc. Les ségrégations sociales sont accentuées et le secteur nord-ouest de Santiago prend des allures de gated community, au détail près qu'il n'y a pas de gate, et d'autant plus efficacement gated qu'elle est mentale.
Providencia est un quartier, ou plus exactement une commune, parmi les trente et quelque qui composent le Gran Santiago. Une commune jonchée d'européanismes. En plus des ci-dessus mentionnés têtes blondes, et de l'absence quasi-totale de traits de type "indigène" comme les pommettes saillantes, la petite taille et le look pauvre, il s'agit d'un lieu socio-économiquement européen. Le pouvoir d'achat du passant lambda est équivalent à celui de la classe moyenne européenne, sinon plus, du moins c'est l'image qu'il est imposé d'imposer.  Ropa americana, my tailor is rich, mine as well you see, etc. Le teint de peau est généralement clair, à part les nombreux bronzés en cabine, et quelques afro-américains qui appartiennent maintenant, ici aussi, aux nouveaux canons de beauté de la modernité occidentale. 
Une ambiance très coloniale qui se retrouve jusqu'à la toponymie. Par exemple à un bloc de mon université, à l'entrée de Providencia en quelque sorte, une zone qui flaire bon l'Amérique du Nord: calles Canadá, Terranova, Quebec. Un peu plus loin: le barrio Suecia (quartier Suède), las calles Suecia, Holanda (maudits hollandais, pardon, néerlandais), et, aussi, le contraire serait étonnant: l'avenue 11 de septiembre, jour de la liberté comme chacun sait, sautons tous de joie en souvenir de cette heureuse époque.
À propos des petites têtes blondes et de la calle Suecia, dans cette rue réside le siège le parti de la droite dure, la UDI (aussi appelée, avec un certain sens de l'humour par ses propres dirigeants, "UDI popular", à l'instar du PP espagnol, de l'UMP française, du tou nouveau PL italien, etc.). Qualificatif de "populaire" qui, avec une puissante stratégie d'implantation dans les quartiers pauvres, lui permet d'être le premier parti du pays, élargissant son électorat un peu au-delà du cercle finalement un peu restreint de la blonde oligarchie (ce qui est une sorte de pléonasme. Ou bien serait-ce une redondance ?)
En avançant lentement mais surement par la rue Andrés Bello, j'ai fini par arriver au tout début de la calle Suecia, quelle émotion. C'est à ce moment que je me suis dit, pourquoi ne pas aller jeter un oeil au siège de la UDI, tiens. Histoire de voir de quoi a l'air le siège de cette Union, traversée par de profondes divisions (les barons assoiffés de pouvoir commencent à voir frémir le grondement des talibans orthodoxes), Démocratique, mais autoritaire à l'intérieur et à l'extérieur, et Indépendante tout en étant acquise aux intérêts du grand capital. Une série de contradictions périlleuses mais maintenues avec brio, je trouve.
La calle Suecia, ce sont d'abord des restaurants plutôt chic, mais pas trop, de cuisine internationale, évidemment, mais surtout pas péruvienne, et latinoaméricaine non plus, en général. Un peu plus loin, sur la gauche (comme c'est bizarre, ce parti est prêt à toutes les excentricités dédidément) apparaît une grande maison au style grandiloquent et indéfinissable pour l'inculte architectural que je suis. Sur la pelouse, un mât est planté, orné d'un drapeau molasson, et la façade est barrée des trois redoutables mots, en majuscules dorées, on ne fait pas pire goût. Devant le portail, un automobiliste en Peugeot 206 (peut mieux faire, pensai-je) attend qu'il s'ouvre, pendant que trois ou quatre des sans doute innombrables gamins d'un membre du parti s'amusent comme des petits fous dans l'allée. C'est vrai que la non-pratique de la contraception est une autre arme pour devenir et rester le premier parti du pays. Un truc que je n'oublierai pas de passer aux Verts.
Ayant accompli le premier objectif de ma sortie, voir la UDI en chair et en os, je me dirigeai vers ma seconde cible, quelle ironie: la Villa Grimaldi, site éminent pendant la dictature de l'application scrupuleuse de la haine de classe et des enseignements  apportés entre autres par des officiers français rompus en Algérie aux salissures de leurs propres mains. En d'autres termes: un centre de torture, et de première classe.
Virage à gauche (décidément...) au bout de quelques blocs, jusqu'à rencontrer l'avenue Tobalaba. La vue sur la Cordillère est réelement limpide par rapport à celle qu'offre le centre de la ville, qui ne se trouve pourtant qu'à quelques kilomètres à l'ouest. Le léger changement d'altitude fait apparemment toute la différence.
Quelques kilomètres plus au sud, je bifurque à gauche, toujours, sur la rue Arrutia, frontière entre les communes de La Reina et Peñalolén. Trois cent mètres plus loin sur la droite, le numéro 8401, la Villa Grimaldi, de son nom complet: Parque por la Paz Villa Grimaldi. Il est ouvert mais pour une visite guidée et gratuite des lieux de torture, il faudra repasser: vu que ce ne semble pas être le passe-temps favori des chiliens (la visite, pas la torture), il faut reserver à l'avance et par groupe de cinq ou plus pour que s'organise le tour.
Parque por la Paz: le nom me plaît moyennement, non pas que j'aie quoi que ce soit contre la paix. Mais ce type de dénomination attribuée à le plus symbolique des sites de crimes commis par la dictature contre la gauche, les gauches (socialiste, communiste, miriste et autres, voire une partie de la démocratie chrétienne, ses militants qui ont eu la bonne idée de se mouiller), me semble déplacé. Appeler de ses voeux la paix, sans plus, c'est un peu contribuer à cette image dominante selon laquelle la répression en question ne serait qu'un épisode particulièrement malheureux d'une guerre, d'un affrontement entre deux belligérants aux responsabilités équivalentes, notamment en ce qui concerne ces crimes-là... Or il n'y a pas eu de guerre, jamais; mais une entreprise unilatérale d'écrasement de toute resistance psychologique, intellectuelle, matérielle, contre le projet politique de la droite. Malgré les cris effrayés de la droite pré-11 septembre, la gauche n'a jamais été de mesure de mener une guerre civile, malgré la rhétorique illusoire et stratégiquement très déplacée du MIR et d'une partie du PS dans la période 1970-1973. Les quelques armes cubaines du Movimiento de Izquierda Revolucionaria lui auront tout juste permis de réaliser quelques attaques de banques, avant le coup d'Etat, puis de résister quelques heures dans de rares places fortes lors de celui-ci, avant de se terrer et de disparaître, militant par militant, sous les coups de la délation et de la détermination irresistible du régime dans les années qui suivirent.
Le Parc a un air bon enfant qui contraste avec son passé douloureux. Comme me l'a expliqué le gardien, la dictature a cherché à effacer toute trace des structures du centre après sa fermeture en 1979. Le bâtiment central consacré à l'administration, a disparu, ainsi que l'espace plat où se réalisait la torture avec véhicules (moi aussi, j'ai eu du mal à y croire). Restent les cabanes spécialisées à l'emprisonnement et à l'humiliation et la souffrance physiques et mentales. Au fond, à la fin du parcours: une haute tour en bois, le plus souvent la dernière étape de ce voyage au bout de l'enfer. Bien que dans ce cas comme dans d'autres, la mort ne soit pas une fin: une stratégie purement terroriste qui a consisté à faire disparaître les victimes et toute trace officielle de leur décès. Les effets s'en font encore sentir: pour les familles, le deuil est impossible, même trente ans après: pas de cadavre, pas de certificat de décès. Une illusoire lueur d'espoir au bout d'un tunnel sans fin. De quoi démobiliser d'éventuels activistes pour une génération, et plus. Dans le cas de la Villa Grimaldi, la plupart des prisonniers et torturés ayant péri ont été "disparus" (l'usage transitif du verbe est presque d'usage) dans l'océan Pacifique, jetés depuis les hélicoptères de l'armée, leur corps attaché par du fil de fer à un rail, histoire que le gonflement des cadavres ne les fassent pas remonter à la surface et s'échouer sur les plages du pays. C'est arrivé une fois, par la suite ils ont fait plus attention à leurs noeuds.
Quelques rails ont été récemment découverts dans les fonds marins de au large de Quintero, à la suite des investigationsmenées entre autre par le juge Guzmán. Ils sont aujourd'hui exposés dans une sorte de Rubik's cube géant de cuivre, incliné, à l'entrée du parc.

J'avais beau avoir une certaine cionnaissance théorique de... ça, mais c'est toujours diffcile d'accepter sa réalité concrète. J'essaierai de ne pas manquer la visite guidée dans les semaines qui viennent. Plus de détails à suivre.

Par Martin
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Jeudi 5 juin 2008


http://obeygiant.com/post/obama

Obama est enfin le "presumptive nominate" du Parti démocrate, c'est à dire, une sorte de statut mi-officiel mi-officieux intermédiare entre la probabilité extrême et la nomination acquise d'être le candidat de son parti à l'election présidentielle de novembre. Officiel ou presque, parce qu'une majorité absolue des délégués siégeant à la convention démocrate de septembre s'est engagée à voter sa nomination, soit car ils en sont légalement obligés, ayant été élus lors des primaires sur ce mandat impératif; soit parce qu'ils font partie de la majorité des 700 et des poussières "superdelegates" (personnalités et hauts responsables du parti) qui ont apporté leur soutien au sénateur de l'Illinois. Mais seulement probable, car précisément ces superdelegates ne sont soumis à aucune obligation formelle et peuvent très bien changer d'avis avant le moment décisif (de cette manière Obama a conquis le soutien de plusieurs ex-soutiens de Hillary Rodham Clinton ces dernières semaines, entre autres le candidat présidentiel de 1972, George McGovern). La sénatrice de New-York n'ayant pas encore renoncé à sa quête (et il est possible que son retrait prévu pour samedi soit rempli d'ambiguités, du type suspension et pas abandon, retrait et pas soutien, appel à l'unité type coquille vide), il n'est pas totalement à exclure que son combat continue dans les semaines qui suivent, ne serait-ce que sous roche, comme les anguilles, et donc que la nomination de Obama ne soit pas certaine à 100%.
Mais ce qui précède ne constitue qu'une précaution formelle. Franchement, on peut considérer que Obama comme John Mc Cain seront les candidats de leur parti respectif en novembre - à moins que l'impondérable ne leur joue un tour, du type infarctus.
Pourtant la précaution mentionnée de m'a bizarrement pas parue inutile. Il semble déplacé de proclamer la victoire incontestable de Obama, tant celle ci a été difficile, fatigante, et finalement, fragile. Mentionner les chance virtuelles de Clinton c'est aussi souligner sa force, présente et passée, et surtout son potentiel de nuisance - voulu et non voulu. De fait plus qu'un potentiel de nuisance, il s'agit d'une nuisance structurelle, ou plus précisement: un révélateur, un détonateur de nuisances.
La campagne de Hillary Clinton a objectivement fragilisé la candidature démocrate à la présidence des Etats-Unis. Paradoxalement, elle a plus fragilisé son option que celle de Obama, s'affichant comme une femme assoiffée de pouvoir prête à recourir aux méthodes les plus contestables pour s'en rapprocher (exploitation des propos politiquement incorrects du maintenant ex-pasteur de Barack Obama, comptabilisation pour le moins partiale du vote populaire à son avantage, etc.). Son obstination et sa véhémence à l'égard de Obama auront contribué à creuser le fossé au sein des partisans des démocrates, faisant courir le risque d'une faible mobilisation en novembre; son retrait tardif aura empêché l'organisation de la campagne finale et renforcé la stature de McCain, etc.
Mais d'un autre point de vue, Hillary Clinton a révélé certaines faiblesses de la candidature du "sénateur noir": faiblesses qu'elle a exploitées à son avantages, les agrandissant, mais qui existaient dès le départ. D'abord, le faible pouvoir d'attraction de Obama sur un secteur socioéconomique important: les classes populaires blanches. Celles ci sont decisives dans les Etats de la Rust Belt, touchés par la desindustrialisation, les Swing States par excellence, qui par leurs oscillations attribuent la victoire soit au démocrate, soit au républicain: New Hampshire, Michigan, mais surtout Ohio et Pennsylvanie. Lors des primaires, la candidate de New York a generalement raflé la grande majorité de leurs voix. Sociologiquement, Obama s'appuie essentiellement sur la bourgeoisie culturelle urbaine (les "liberals"), les jeunes progressistes, et les noirs. Malgré le fait que les positions de Obama sur la thématique socio-économique (si tant est qu'elles aient la moindre signification en ce qui concerne son futur agenda de gouvernement) soient légèrement plus à gauche que celles de Clinton (excepté l'assurance maladie), son image de colombe en affaires étrangères, son style supposément out-of-touch et, aussi, son nom et sa couleur de peau, posent problème avec les classes popualires et les blancs en général. Une nuance: Les démocrates ont toujours, ces dernières décennies, nettement perdu la majorité du vote blanc face aux républicains; leurs succès présidentiels ont pour facteur décisif le soutien qusi unanime des votants noirs.
Ce qui nous amène à souligner deux aspects de sociologie électorale qui devraient au contraire être favorable au candidat démocrate en novembre. D'abord, la difficile situation économique que traverse les états-uniens modestes. La crise économique, d'une part, et l'impopularité des poitiques fiscales (baisse des impôts pour les plus fortunés, comme des prestations sociales) de l'administration républicaine, d'autre part, risque d'avantager le discours interventionniste des démocrates face au quasi-libertarien McCain. L'origine sociale de Obama, son expérience dans les quartiers de Chicago, la focalisation de sa communication sur la politique intérieure, semblent adaptées à la conjoncture. A l'instar de Bill Clinton à Bush Senior en 1992, il pourrait lancer "it's the economy, stupid", au sénateur de l'Arizona qui lui, fait valoir ses galons en matière militaire et de politique extérieure, pour mieux dissimuler sa faiblesse sur "le social". Dans ce contexte, Obama pourrait se débrouiller pour ne pas souffrir d'une hémorragie trop importante de l'électorat blanc des classes inférieures.
Deuxième point fort: les afro-américains. Bien que Obama ne soit pas un noir au sens majoritaire au Etats-Unis (il est métis, fils d'un immigré récent, et donc non descendant d'esclave), il est fortement lié à cette communauté, par le caractère modeste des ses origines sociales, ses activités en faveur des droits civils à Chicago, et par le symbole grâce à sa couleur de peau et, point important, le fait que sa femme et ses enfants soient eux-aussi, afroaméricains. Ce lien lui a été reproché durant la campagne, le faisant apparaître comme un candidat de la minorité contre la majorité,  "les blancs qui travaillent dur", dixit Hillary. C'est vrai que les noirs ne constituent que 15% de la population nationale et qu'ils sont de toute façon, en gros acquis au parti démocrate. Mais Obama risque d'accentuer leur mobilisation électorale; de fait, beaucoup de noirs des Etats du sud ont entrepris de s'inscrire sur les listes électorales, formalité necessaire pour pouvoir participer aux primaires. Ce regain de participation en novembre est d'autant plus prometteur pour les démocrates qu'il met à jour un reservoir de voix peu actif jusqu'ici: les afro-américains, traditionnellement exclus de la vie politique et même du vote dans les Etats du Sud (en 1964 seulement la Contitution interdit l'exigence du paiment d'un impôt spécifique, alors en vigueur dans plusieurs Etats, pour pouvoir aller voter), connaissent des taux de participation nettement inférieurs au déjà faible 50% global. Une sensible augmentation du vote démocrate de la part des noirs pourrait mettre en jeu des Etats ces derniers temps reservés aux républicains par la majorité blanche, comme la Louisiane (où la mauvaise gestion fédérale face à Katrina a nourri la rancoeur face au gouvernement Bush) voire le Mississipi ou la Caroline du Nord, et compenser les pertes dans l'electorat rural dans certains Etats du Nord-Est (Pennsylvanie, Ohio, New Jersey).
Autre faiblesse structurelle de Obama, dont Clinton a usé et abusé : son caractère de Libéral, qui va de pair avec son identité afro-américaine. Mon impression personnelle est que Obama est bien plus liberal (=de gauche), qu'il ne veut bien le dire - ce qui ne veut pas dire que son éventuelle administration soit aussi volontaire que lui. Ce jeu de cache-cache constitue en soi une faiblesse, que Clinton ne s'est pas privée d'exploiter, et que les républicains vont se faire un plaisir d'explorer. Le long épisode médiatique qui a consisté à faire passer en boucle les déclarations provocatrices du pasteur de Barack Obama, Jeremiah Wright, et à pousser le candidat à renier celui-ci puis à quitter officiellement son Eglise, est un exemple marquant. Le pasteur en question a mis à l'épreuve la sensibilité nationaliste des étatsuniens en déclarant tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, et notamment ce qui se dit dans les Eglises noires (
ici, son discours de clarifications, qui n'a rien arrangé). Un discours politiquement contestable mais nullement extrémiste, qui ne fait que rappeler les crimes commis par les Etats-Unis contre les noirs au cours de l'histoire (esclavage, segregation jusque recemment) et leur profond et douloureux héritage aujourd'hui (exclusion sociale, inégalités économiques inchangées). Teinté de ce qui peu faire figure en Europe de bon sens: critique de la politique impérialiste à l'exterieur, et responsabilisation de cette politique en ce qui concerne le terrorisme islamique. En gros (à part l'allusion à une supposée responsabilité gouvernementale sur l' "invention du SIDA") ce qui pourrait faire figure d'un discours de gauche assez cohérent, bien que virulent, adapté aux défis de long terme de la patrie. On comprend que la proximité du candidat démocrate avec ce type de personnage pouvait faire problème. Obama a joué le jeu de la partie de cache-cache de façon formellement magistrale: discours historique sur le racisme, esquive des critiques sur son manque de patriotisme voire anti-américanisme via la condamnation des propos, puis de la personne, puis le départ de l'Eglise en question. Mais il reste que le problème est toujors là: pendant des années Obama a cotoyé ce pasteur, assisté à des messes et donc des sermons dans son Eglise, et n'a rien dit, donc les a approuvés. Les républicains ne manqueront pas de le souligner, et sans mentir: Obama est un noir, il est libéral, autant dire, presque révolutionnaire. Dans l'imaginaire collectif du pays, cela revient à être unamerican, un ennemi de la nation. 
Dans ce contexte, la candidature Obama est extrêmement fragile; mais Clinton en jouant sur cette fragilité a aussi pointé du doigt ce risque énorme. La campagne démocrate sera peut-être de ce fait mieux préparée contre de certaines attaques républicaines, qui béneficieront de la machine de guerre médiatique de l'establishment des entrepreneurs et des bien-pensants. De même, le déficit de Obama chez les blancs a été mis en évidence par les primaires; Obama devrait être conscient des obstacles qui jonchent le chemin de la Maison Blanche. A moins qu'ils ne soient absolument insurmontables, l'ampleur de ses ressources financières et de l'enthousiasme de ses troupes ne lui laisseront aucune excuse s'il ne contourne pas ces difficultés.

Quelques mots maintenant sur les défis concrets qui attendent le démocrate.
Avant tout: faire oublier le souci Clinton, c'est à dire renforcer sa candidature dans l'appareil et les bases du Parti démocrate. Rappelons que Clinton aura ferraillé jusqu'au bout pour nier la légitimité de la candidature de Obama, et en partie à juste titre: au fond, la nomination ne s'est jouée à rien. Elle est historiquement serrée, surtout du point de vue du vote populaire (les deux candidats remportent autour de 18 millions de suffrages, avec un avantage à Obama si on prend en compte les caucus et si on met de côté le vote biaisé en Floride et surtout au Michigan). Et malgré le statut de vainqueur quasi certain que lui ont conféré les média depuis plusieurs semaines, Obama n'a pas pu empêché Clinton de remporter des victoires très nettes jusqu'à la fin, comme à Puerto Rico il y a quelques jours (68% - 32%) et ce mardi en Dakota du Sud (dix points d'avance). Clinton, il faut le rappelé, a hérité des soutiens et de la popularié de son mari, ainsi que d'u travail de longue halaine ces dernières années. Cet enracinement a finalement très bien resisté à la vague Obama, et en particulier à son énorme supériorité financière.
Pour ce qui est du soutien des cadres du Parti, Obama ne devrait pas avoir trop de mal à assurer leur soutien et leur enthousiasme. Il a peu à peu, tout au long des primaires, gagné la majorité de l'establishment, s'imposant comme le candidat naturel, et mainetenant la seule opportunité de mettre fin à huit ans de présidence du Grand Old Party (le parti républicain). C'est de ce point de vue plutôt Clinton qui s'est aliéné beaucoup de monde, par son comportement irresponsable: après les déclarations ambigües de la candidate mercredi 4 juin, le trio Dean-Pelosi-Reid (chefs du parti, des représentants et des sénateurs démocrates, respectivement), auraient été
sur le point de proclamer Obama candidat.
Le problème est plus aigü du point de vue de l'électorat, et des supporters les plus acharnés de Hillary Clinton.  Ceux-ci (je parle des fonctionnaires de sa campagne, pas de l'électeur lambda)  pourraient plus ou moins consciemment miser sur une défaite de Obama en novembre afin de ne pas disqualifier leur candidate pour 2012, date présente dans les commentaires de bien des analystes.
Pour les rallier à coup sûr à sa candidature, et récupérer le soutien électoral dont a bénéficié l'ex-first lady, une option se présente au presumptive nominee: choisir Hillary comme son ticket, c'est-à-dire, son partenaire et future vice-présidente en cas de victoire.
Sur ce point, et plus généralement la question du choix du candidat à la vice-présidence, quelques commentaires. Passons sur le fait qu'il est peu certain que Clinton veuille de ce poste, pour le moins frustrant, voire humiliant pour celle qui a longtemps été la candidate évidente et inévitable au fauteuil de titulaire. Les implications politiques et électorales d'un tel choix sont importantes. Politiquement, cela signifierait donner une importance énorme au poste, réduisant d'autant le poids de Obama dans une administration future (qui plus est dans un contexte oú l'administration sortante s'est précisement caractériée par ce genre de division du pouvoir). Le potentiel de changement, réel ou virtuel, proposé par Obama s'en verrait sérieusement affecté. Electoralement ce serait aussi un coup dur pour le souffle d'enthousiasme qui a jusqu'ici caractérisé l'épopée Obama. Symboliquement, les républicains s'en serviront pour souligner la faiblesse de caractère du candidat, ayant cédé aux pressions de la perdante. Enfin, Jimmy Carter (je ne sais plus où je l'ai lu, désolé... pas de lien donc) et allé jusqu'à prévenir qu'accumuler sur un même ticket deux "minorités" politiques (un noir et une femme), avec tout ce que cela implique en termes d'handicap électoral, lui serait nuisible, tout comme la coexistence de deux personnalités de premier plan qui détruirait le principe de hiérarchie.
Pour toutes ces raisons, l'ironique
Hillary Deathwatch du site Slate.com donne 0.0 % de chances à l'ex-candidate de figurer sur le ticket.
Des figures politiques secondaires du type John Edwrds, ou si possible une personnalité aguerrie sur le terrain des affaires étrangères, serait sans doute préférable...

Affaire à suivre.

Par Martin
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Mercredi 28 mai 2008
Don't worrry, be happy.

Par Martin
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Mardi 27 mai 2008

Ils sont tous fous au parti socialiste.

Ségolène Royal dit qu'elle sera candidate au poste de premier secrétaire si les socialistes le jugent nécessaire, c'est-à-dire, si elle jugent que les juges le socialistent nécessaire, pardon, que les socialistes le jugent nécessaire, c'est-à-dire, si elle juge qu'elle doit y aller, ce qui veut dire en dernière instance, si elle le juge nécessaire. En gros, les socialistes, c'est elle, vu qu'on voit mal coment les socialistes, 120 000 et des brouettes, puissent lui souffler leur jugement à l'oreille avant qu'il se soient formellement prononcés sur la base des .. candidatures, précisément.
Elle s'y croit trop, Ségo. Il y a un an et plus elle avait commius la même énormité, mais en plus gros, en parlant des français.

Bernard Kouchner: "Moi je suis de gauche, je n'arrive pas à m'en défaire". Sans commentaire, sinon un avertissement: avant d'être de gauche, refléchissez bien, c'est difficile de s'en défaire. Believe me or not.

Bertrand Delanoë se déclare à la fois socialiste et libéral ! Il a bien dit, "socialiste et libéral", comme si il existait encore un socialiste au parti socialiste, hors Jean-Luc. Libéral, qui ne l'est pas, dans le mauvais sens du terme ? Mais socialiste, je vous jure. Le gros mot.

Par Martin
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Vendredi 23 mai 2008
Fatigué de semaines d'exposition bronchiques aux pots d'échappement santiaguins, deux jours d'échappée sur la côte de la Quinta Región, tout prés, mais pas dans la cuvette, au bord du Pacifique. Comme la chance est avec moi c'est à ce moment même qu'il s'est mit à pleuvoir brígidamente dans la capitale, heureusement ça a duré assez pour que je ne manque pas tout.
Un dimanche après-midi à Valparaíso, jolis défilés déprimants, passge par Viña del Mar, poisson crabes et fruits de mer à Con-Con un peu plus au nord, empanada de crabe avec fromage à Horcón un peu plus loin le lundi, et sur le chemin du etour re-passage, express, par Con-Con et goinfrerie monstre de trois empanadas fritas avec fromage toutes, et respectivement divers coques, huîtres et coquillages de la région - sluurp.

Au détour d'une rue, une figure connue !!

Horcón
Par Martin
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Vendredi 23 mai 2008
Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille. Mais ne rêvons pas trop, il n'y a pas de grenouilles, juste des chats et des chiens errants. Mais il a continué à pleuvoir, toutes les nuits jusqu'á la dernière, tant d'eau qu'elle est rationnée dans une bonne partie des communes du grand Santiago, et les classes suspendues dans les écoles et de nombreuses universités (dont la mienne, niark, niark.) . Le bitume se couvre de miroirs éphémères, les parapluies fleurissent, l'air se libère des particules polluantes en suspension particulièrement nombreuses en cette fin d'automne, la cordillère se couvre chaque jour un peu plus de neige, l'horizon se dégage. Pas mal.
Tout est comme propre, lavé, les couleurs ravivées.
L'horizon est quand même un peu bouché, mais on se console en se disant que pour une fois, il ne s'agit pas d'un nuage de pollution.


Et ce matin, plein de neige là bas au fond, les nuages sont partis, du bleu partout, ce qui n'était pas arrivé depuis longtemps. Il y a des chances ppour qu'il ne pleuve plus avant mardi, pas de cinema samdi donc, pss
Par Martin
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Jeudi 22 mai 2008
Il pleut, il pleut, et les météorologues annoncent qu'il va pleuvoir. Quand on veut, on peut.


La pluie ne semble pas réussir aux amoureux, mais le Mapocho lui a adopté un entrain d'enfer. malgré son teint immanquable, il semble enfin beau.
Par Martin
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Jeudi 22 mai 2008

Défilé des innombrables et privés collèges de Valparaíso ce dimanche après midi dans les rues du centre, avant leurs resprésentations militaro-chorégraphiques respectives devan le monument dédié aux également innombrables héros nationaux, au premier rang desquels Arturo Prat.
Les paumes des parents et badauds qui longent les barrières métalliques n'en peuvent plus d'applaudir les pas de l'oie de leur chère progéniture, de bleu et de blanc vêtue, sonnez trompettes, résonnez tambours, frappez cymbales, braillez hymnes. Tout ces mouvements corporels bien ordonnés, en tout cas ceux de l'élite de chaque établssement, les membres de la fanfare, en premier lieu les portes-drapeau, levant bien haut la jambe à chaque pas, me rappellent certaines tendances ariano-fascistes en vogue dans les annés trente. La plèbe, elle, c'est-à-dire les élèves lambda n'ayant pas manifesté le moindre talent militaro-musical, si cela existe, ni militaro-chorégraphique, suit en ordre plus dispersé, mais uniformément uniformée.
Un joli défilé tout plein de bleu marine comme la mer, et de marges blanches comme l'écume. À l'occasion du proche 21 mai (ce mercredi) et en l'honneur de la Marine Nationale, la Armada de Chile, le corps le plus réactionnaire des forces armées du pays, à l'origine de toutes les contre révolutions et contre rébélions de ces deux derniers siècles, évidemment sourd aux appels au soulèvement antioligarchique du socialiste Altamirano des dix premiers jours du neuvième mois de l'année 1973, la Armada, responsable de la prise du port de Valparaíso, son siège, au petit matin du 11 du même mois, acte inaugural du coup d'Etat capitaliste et de la longue dictature qui s'ensuivit.
Le 21 mai semble être la fête nationale la plus prisée après le 18 septembre, et a pour objet la célébration de la Armada de Chile, bras armé du patriotisme, martyre des canons péruviens le 21 mai 1879, vainqueur du joug soviétique le 11 septembre, artisan à sa manière de la refondation institutionnelle concrétisée en 1980 et toujours si peu contestée.
Faire défier les collégiens sur des airs martieaux le dimanche, glorifier Prat et l'imprimer sur les billets de dix mille pesos, c'est aussi ériger lo militar comme phare, idole, discipline; historiquement et plus ou moins consciemment, qui sait, c'est condamner les travailleurs, les ouvriers, le caractère explicite et libérateur de la lutte des classes, vaincus en 1973. C'est légitimer jusque dans le plus profond inconscient des prochaines générations de citoyens "actifs", l'écrasement des chiliens par par leur Etat et leur oligarchie, depuis cinq siècles et l'arrivée des espagnols en cette terre verticale...

Par Martin
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