Quelques péripéties universitaires... la reprise des classes repoussée de une semaine et demie pour cause de travaux. La même raison et plus généralement, l'insuffisance des infrastructures comme le nombre de salles, de micro-ondes, d'ordinateurs, l'équipement des toilettes, en comparaison avec les prix pratiqués par l'institution, poussent la plupart des filières de l'université à la grève, à partir de la semaine dernière. Grève (paro), et pas grève (huelga), celle-ci concernant les travailleurs salariés d'une entreprise. Un prof espagnol prévient un étudiant qui venait de lui corriger son erreur, qu'il risque d'être aussi tatillon dans la correction des épreuves.
El Paro, c'est aussi la olla común, des pâtes avec de la sauce tomate tous les jours. Ne jetez pas les assiettes en plastique, elles sont recyclées immédiatement. C'est aussi le mécontentement de quelques élèves plutôt studieux, bien que le jaune ici soit franchement moins vif que dans un certain iep de Rennes, c'est peut être parce que l'université est de gauche. Le mécontentement de certains profs, aussi, comme Marek de sciences politiques, qui raille celui des étudiants, aprés tout les tarifs ici sont les plus bas du marché universitaire (je rappelle qu'il existe ici un tel marché universitaire... pas au bénéfice de la qualité de l'enseignement évidemment, sinon du tours de taille des oligarques éternels) et le recteur aurait répondu aux revendications des étudiants en colère (le recteur étant en derniére instance soumis au bon vouloir du directoire, composé des présidents des organisations propriétaires de l'université, dans ce cas des ONG car l'UAHC et une des rares à ne pas avoir de but lucratif - malgré l'investissement privé réalisé par ces mêmes présidents, me dit Valentina qui sait tout, et connaît Tomas Hirsch), etc., etc. D'ailleurs j'avoue avoir un préjugé (ou serait-ce un post-jugé ?) sur ce prof, qui raconte des bêtises sur son propre champ d'investigation (le premier ministre britannique pourrait rester tant de temps au pouvoir qu'il lui plaise, selon lui, sans mentionner les élections qui arrivent de temps en temps tout de même, y compris lors des majeures longévités de Thatcher et Blair...) d'ailleurs je me suis fait un plaisir de démentir le qualificatif de semi-présidentiel dans le cas de la cinquième république, na (ce n'est ni plus ni moins qu'un hyperpresidencialisme).
Les cours: en alternance jusqu'à maintenant, après tout il y a Paro. Mais ça ne m'empêchera pas d'en toucher un mot. D'abord le premier que j'ai été sûr de prendre: Realidad Colonial en América Latina, la suite du couyrs portant sur la conquête du même continent, le semestre passé (le cours, pas la conquête). Le premier épisode m'avait plu (du cours, pas de la conquête) donc j'ai plongé la tête la première dans le deuxième, j'aime bien la perspective que la prof donne à l'étude de la période (un accent particulier mis sur le monde indigène, longtemps exclu de l'historiographie).
Après quelques hésitations et regards lancés vers un cours de relations internatinales, avec un prof super, j'ai opté pour Systèmes politiques comparés, donné par un chileno-allemand très agréable, à l'aise, sympa, beaucoup de participation orale et exposés à la pelle mais comme je vous l'ai dit, académiquement moyen.
Ensuite et tout à fait d'accord sur ce point avec Tristan, on a craqué pour Geografías disidentes, poscolonialismo y subalternidad, ou vice-versa, mais peu importe. Le coup de foudre au premier regard, qui s'est confirmé plus tard, malgré l'éloignement de la prof qui enseigne depuis la Suède, Uppsala précisément, et via téléconférence (à part quelques sessions en sa présence grâce aux bienfaits de l'avion). Un cours très pluridisciplinaire, bourré de teorías sin disciplinas, comme dit un des bouquins de la bibliographie. Au menu, Orientalisme (Edward Said), ségrégation spatiale urbaine, etc. et même au passage, hier, une digression par Bruno Latour qui m'a confirmé combien ce mec doit être génial (il faut que je finisse et relise Politiques de la nature... et Nous n'avons jamais été modernes...), acteurs, réseaux: êtres humains, choses, d'oú respect pour la Terre et la Vie, CQFD.
Et en dernier lieu, parce que l'electif de Cuerpo y Sociedad ne faisait pas recette, j'ai du me résigner à África: el continente Ultrajado, qui s'annonce instructif mais pas trés excitant du point de vue académique, le prof espagnol, avec un accent gros comme ça, étant spécialiste du Moyen Age.