Mercredi 22 août 2007

C'est terrible d'en être réduit à cette extrêmité, mais comme j'avais plein de photocopies à faire faire (rien n'est en libre service au Chili) et que ça prend du temps, je dois ecrire un article sur mon blog pour précisément tuer ce temps. Et si je veux publier des photos à partir de ma clé usb, alors je dois patienter un peu le temps que cela charge, on n'a pas idée, remarquez peut-être que je pourrais en profiter pour récupérer mes photocopies. 
Enfin non, je continue mon article. 
Les photos qui vont suivre datent de dimanche, domingo, et de la ballade dans le sud-est de la ville que Tristan et moi avons effectuée (d'ailleurs il faut que nous arrêtions d'effectuer des ballades ensemble, parce que du coup on parle tout le temps français, conséquences linguistiques terribles que je vous laisse imaginer. Enfin bon je suis fier aujoutd'hui lors du premier cours un peu interactif, j'ai participé plus que la moyenne de l'étudiant chilien  lambda de periodismo si j'en crois l'echantillon qui nous était donné à observer et à écouter, enfin non pas écouter, encore qu'aujourd'hui leur habituelle apathie s'est muée en activisme inattendu quand la prof a commencé à faire une digression sur la situation politique actuelle - tsss, ce sont bien des journalistes. ).
Donc la ballade en question, après je ne sais plus combien de stations de métro disposées rectilignement et qui nous donnaient l'impression d'aller loin, loin, loin, si loin qu'on pensait qu'en bougeant dans une mesure telle on devrait forcément se rapprocher de la cordillère des Andes, et donc la toucher, enfin, autrement que par nos yeux brillants d'envie, mais en fait nous et la notion des distances ça fait deux, voire trois ou quatre (une chacun), et en fait en sortant du métro on était encore loin (des Andes). Enfin bon on a eu droit à un lot de consolation après une heure de marche sous un soleil brûlant, je ne vous dis pas ce que ça va être en été, car on a fini après maints culs de sac à atteindre une sorte de colline, premier signe de l'activité tellurique de la zone (les géologues apprécieront). Le quartier autour n'est pas précisément riche, plutôt sale, mais les voitures sont nombreuses et souvent plus ou moins neuves, ambiance étrange. Donc nous avons escaladé la colline, plus ou moins comfortablement, et arrivés en haut on a pu voir de l'autre côté, que les Andes n'avaient pas disparu, les coquines, mais que oui décidément elles étaient encore loin. La preuve en images. (un peu plus à gauche, autrement dit au nord, c'est la campagne.)



Ceci dit nous nous sommes retournés et avons vu les enfants du quartier qui jouaient au cerf-volant, la saison y étant particulièrement propice grâce au vent (un tout petit peu).(en bas, à droite)



Ensuite nous sommes redescendus mais ça glissait beaucoup, très poussièreux et pentu/peuteux/pentesque comme vous voudrez. Et en bas, soudain, coup sur coup, formidables :




Eh oui vous n'avez pas rêvé, une 504 et une 404, Peugeot, cette dernière rouge sang, brillante de tous ses feux, et la première, bon en fait c'est moins exceptionnel, ici des 504 on en voit partout, surtout des couleur kaki, ce qui me permet de me rendre compte que cette voiture a décidément un très beau profil.

Bon pour finir, ou presque, avec cet épisode, deux photos sans commentaire, ou presque :


(oui, c'est bien la cordillère qui pointe le bout de son nez)


(oui, c'est bien une paire de chaussures)



Et enfin, depuis le metro aérien sur la route du retour :



Une jolie couleur ne trouvez vous pas, bon le point de vue n'est pas très bien choisi mais c'est vrai que ces stations sont mal faites pour les touristes.

En rentrant, on aurait pu manger au restau chinois juste à gauche en sortant de chez moi, ici vu du balcon :



Mais on a préféré innover et manger des pâtes, des pâtes, oui mais des pâtes avec des agrumes, pour se refaire une santé, vous devriez essayer c'est bon, avec de l'avocat pour adoucir, et puis bon n'abusez pas du citron c'est un peu acide (je crois).

Par Martin
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Mardi 21 août 2007

 

 

 



Voilà, c'était la relève de la garde de la statue de l'abdication du libertador independentista et un peu autoritaire Bernardo O'Higgins. J'espère que vous avez trouvé l'intrus (indice : sa couleur de prédilection n'est pas à proprement parler militaire ; son âge non plus. Mais là j'en dis trop).

Une petite église pour la route :


Je sais, c'est du déjà vu. 
Pour vous remettre de ces émotions :



Et enfin, pour faire taire les mauvaises langues qui oseraient insinuer que le Chili n'est pas au top des nouvelles technologies, je tiens à souligner que les chiliens sont parmi les peuples les mieux équipés en téléphones portables au monde. La preuve en image :


Certes, il y a des efforts à faire pour ce qui est de la miniaturisation.

Par Martin
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Lundi 20 août 2007


Bienvenue à la maison, j'espère que vous aimez mon nouveau chien de garde et sa mine un rien patibulaire.
Bon sans rire, je vais passer aux choses sérieuses, une fois encore, et n'est pas coutume.
Jusqu'ici mes chroniques chiliennes se sont limitées à vous faire découvrir le Chili des princes, des marchands, des capitalistes, des chefs d'État démocratiquement élus, des chefs d'État non élus même pas démocratiquement, de leurs demeures somptueuses (La Moneda), leurs organes de presses avérés bien qu'officieux (El Mercurio), des personnages historiques légendifiés malgré leurs dissonnances cognitives, pour parler comme un certain prof de politiques publiques, (Cristobal Colón alias Christophe Colomb, le malin), des saintetés protectrices (Santa Lucía), des nourritures quasi divines (les kiwis non formatés)... 
Donc je vais essayer d´être un peu plus concret et de parler de la vraie vie des vrais gens, (étant bien entendu qu'il existe des faux gens, et que ceux-ci doivent être envoyés au bagne, histoire d'être un peu productifs, au moins).
Donc voilà : et d'abord un point sur le parcours de mon camarade d'exil extra rennais, Tristan : il a élu domicile dans une maison du quartier Yungai, dont le propriétaire loue des chambres pour compléter ses revenus limités issus de l'activité théâtrale. Enfin je dis tout ça pour pouvoir enchaîner sur le fait que un des colocataires de cette maison travaille pour le compte de Sebastian Piñera  (es.wikipedia.org/wiki/Sebasti%C3%A1n_Pi%C3%B1era),
 

Sebastián Piñera en un debate televisado de Canal 13 y CNN en Español

 


leader de la droite (enfin,du parti RN, Renovación Nacional, deuxième parti de la coalition de "centro derecha", Alianza por Chile) et homme le plus riche ou presque du pays (ça va souvent ensemble, ne trouvez vous pas, et me rappelle furieusement un certain caballero  (pour parler comme les chiliens) dont le nom commence par Berlu et termine par Sconi, si je vais fausse route dites moi stop). Toujours est-il que el señor Piñera fait beaucoup parler de lui, il ne cache pas ses ambitions présidentielles pour l'élection de decembre 2009-janvier 2010, malgré sa défaite de 2006 face à Michelle Bachelet (non rééligible comme tous les présidents sortants). On entend plus parler de lui que de la présidente, c'est dire. Il faut préciser que les enquêtes d'opinion lui sont très favorables, autant pour ce qui est du choix d'un éventuel candidat unique de la droite que pour la confrontation avec le candidat de la coalition de centro-izquierda (très très centro-) Concertación
Enfin toujours est-il que, pour revenir à mon mouton, le voisin de Tristan travaille pour lui, ou bien une de ses entreprises ou comités de soutien ou je ne sais quoi, et fait des appels téléphoniques dans cadre d'une étude de marché électoral, visant à déterminer la popularité de la Thaïlande chez les chiliens, j'ai bien dit de la Thaïlande, afin de savoir si il doit, oui ou non, défendre lors de sa campagne éléctorale l'adoption d'un traité de libre-échange avec ce pays paradisiaque. 
Bougre, question épineuse. Je vous rappelle que la présidente en place n'a même pas achevé la moitié de son mandat.
Enfin, le voisin en question apparemment n'était pas très enthousiaste (pas sur la Thaïlande, sur Piñera), ça (me) rassure.
Voilà, et je me suis débrouilé pour parler encore une fois des princes,des chefs d'Etat, des présidentiables. Incorrigible suis-je.

Par Martin
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Jeudi 16 août 2007



Ici, tout ce qui est catholique est porté haut, très haut. Cette statue, Santa Lucia ou je ne sais plus qui, domine la ville en son point culminant, le sommet du Cerro San Cristóbal (sanctuario Inmaculada Concepción, s'il vous plaît).

Une bonne deuche de temps en temps, ça rafraîchit.



Voici la façade de ce qui reste du vieux bâtiment du journal conservateur El Mercurio, parti en flammes il y a quelques années. Vestiges impressionnants.


Eh oui, ici les fruits ne sont pas calibrés comme dans les pays développés à un point convenable, si bien qu'on peut trouver des kiwis un peu plus crédibles et qui s'épanouissent dans leurs particularités.


Voilà ce que l'autre jour on pouvait admirer depuis le sommet de l'université. Noter l'absence de couche homogène marron/gris au niveau des collines. Merci madame la pluie.


En plus des statues, les bâtiments les plus beaux et les plus lumineux que l'on peut admirer dans les rues de la ville, sont la propriéte de l'eglise catholique, et ce sont tous ces machins que l'on appelle des églises.

Par Martin
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Jeudi 16 août 2007

C'est terrible, chute de moral subitement :

ma colocataire est de droite. 

Enfin ce n'est pas grave en soi, je suis juste désolée pour elle, mais c'est que vu qu'elle est chilienne et que j'ai l'intention de m'intéresser à l'histoire et à la politique du pays je vais devoir parler politique avec elle. C'est bien ce qui pose problème : les gens de droite ne me dérangent pas (trop)  tant qu'on se met d'accord pour ne pas (trop) parler politique (non pas que je n'aime pas le débat, au contraire mais bon quand on n'est d'accord sur rien du tout ça devient très vite stérile et meurtrier, enfin potentiellement meurtrier). Et en plus de ça la politique au Chili ce n'est pas de la politique de comptoir comme en France, c'est plutot une question de chars et de cocktails molotov, ceci grâce au MIR (Movimiento de Izquierda Revolucionario) et aux coupdétatistes de 1973 (et les responsabilités sont partagées, il ne sert à rien de faire le gauchiste). 
Allende lui même (désolé pour ceux qui n'aiment pas la politique) était relativement modéré au moins dans la stratégie et comprenait la necessité de procéder progressivement, notamment en négociant avec les chrétiens démocrates ; mais le MIR et certaines parties de la coalition de gauche comme le parti Socialiste (plus extrêmiste que le PC, bizarre, il va falloir que j'investigasse) étaient beaucoup plus instransigeants, voulaient l'établissement par le gouvernement d'une économie socialiste le plus vite possible, et cela en dépit du fait que la gauche soit minoritaire au Congrès, et soutenue seulement par environ 44 pcent de la population. Ca ne pouvait dégénérer que à la soviétique ou à la Pinochet, et hop ça a dégénéré à la Pinochet (encore que la longueur et l'extrêmisme de la dictature soit sans doute une question assez indépendante. Ils ne se sont pas contentés de mettre un coup d'arrêt au gouvernement socialiste, ils ont aussi appliqué un programme bien particulier, pas seulement un négatif). 
D'ailleurs à propos de la dictature, je suis allé hier (jour férié, qu'est ce que vous croyez !) au musée d'histoire nationale du Chili, enfin c'est à peu près son nom, et ils parlent en effet de l'histoire, mais bizarrement l'histoire en question s'arrête abuptement le 12 septembre  1973, comme si le coup d'état de la veille n'avait eu comme impact historique que le dénouement d'une crise politique. Il faut dire que le musée a été inauguré dans les années 1980 par son excellentissime président Augusto Pinochet Ugarte, ceci explique cela. Pourtant, les commentaires sur le gouvernement Allende ne sont pas si acerbes. Le consensualisme de la vuelta a la democracia sans doute.
Enfin bon l'exemple de ma colocataire ne vient que confirmer que la politique peut dans une certaine mesure se réduire à une question d'intérêts : son père est propriétaire terrien et producteur de raisin, situation privilégiée économiquement et mise à mal par les réformes agraires de la gauche (et les occupations plus sauvages de la part des ouvriers).
Bon ceci dit elle cuisine très bien, enfin il paraît, ceci compense cela. 
Et puiis autre chose qui compense, c'est le caractère tout bonnement marxiste de la prof d'histoire des deux cours que je suis. Des cours très orientés donc et qui font un peu l'impasse sur les subtilités idéologiques de l'histoire des partis politiques, etc., mais bon comme elle donne des textes à lire (ou plus exactement, et comme tous les profs, elle nous dit quels textes lire, en dépose un exemplaire de chaque à la photocopieuse, et hop à nous de payer toutes les photocopies, et je ne vous dit pas le nombre de pages) dont des extraits d'auteurs dont les positions historiographiques, et idéologiques, sont sensiblement différentes des siennes (en tout cas elle ne prive pas de les descendre sans pitié aucune une fois dans la salle de classe), même si elle est nuancée et tient à souligner les apports que, tout de même, y compris de son point de vue, ils ont réalisés.

Bon ceci dit je vous publie quelques photos supplémentaires (j'ai enfin trouvé des postes qui reçoivent les clés usb).

Par Martin
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Mardi 14 août 2007

Ecrire un article de façon régulière sur le blog est devenue une question d'honneur, ça fait du bien à l'amour propre de voir mon "blog rank" progresser ou du moins ne pas trop régresser, grâce à mon assiduité. Mais bon, tout dépend aussi de vous alors s'il vous plaît, multipliez vous comme des petits pains ! Et laissez des commentaires. Et ne me demandez pas à quoi correspond le blog rank, je n'en ai aucune idée sinon que plus c'est haut mieux c'est.
Bref, plus sérieusement, encore plus sérieusement je veux dire, je vais passer à autre chose. Je ne sais pas quelle est l'utilité de cette dernière phrase ni de celle-ci d'ailleurs mais que voulez vous, la nature a horreur du vide.
Aujourd'hui, lendemain de pluie une nouvelle fois (les precipitations sont exceptionnelles surtout au sud de Santiago, inondations et pertes agricoles énormes), la vue sur la cordillère depuis l'université est gratinée, avec comme ornementation de jolis nuages moutonneux, un spectacle donc un peu différent de la dernière fois qui m'a donné un prétexte pour sortir mon appareil photo. Demain je ramène mon cable usb et vous y aurez droit.
Là en principe je devrais être en cours mais le prof ne fait pas cours aujord'hui, c'est chronique chez lui, il faut dire que c'est le patron de la faculté de ciencia política et qu'il est très pris par des réunions diverses et variées, mais enfin bon ça fait que son cours (Fundamentos y perspectivas de la teoria democrática) reste encore un mystère pour moi.                                                                                                                                                                                                         Avec le retour à l'appartement de Poncha, la troisième colocataire, ainsi que son copain et sa soeur, tous chiliens pur sucre, je me suis mis au chilien pour de bon. par ce que jusqu'ici avec Fabián ce qui prédominait était l'anglais, et quand on parlait en espagnol ce n'était pas du chilien, enfin lui en tout cas parle à la colombienne, il articule beaucoup plus et est moins grammaticalement allusif que les chiliens, ¿catchai? (ça, c'est pour voir si vous suivez)
Tout de suite, c'est à dire dans un quart d'heure, cours de Movimientos sociales en Chile en el siglo XX, j'ai hâte qu'on arrive à la période de l'Unité populaire (1970-73, avec la présidence écourtée d'Allende), ce que j'en ai lu dans le bouquin d'histoire sur lequel j'ai jeté mon dévolu sur les conseils de la prof, laisse entendre que certains groupes d'extrême-extrême- gauche ont volontairement contribué à pousser la droite réactionnaire au coup d'Etat, je ne sais pas s'ils comptaient résister aux tanks ou je ne sais quoi, mais enfin stratégiquement ça s'est avéré moyen à court comme à long terme...
Sur ce je vous laisse vous faire votre opinion souveraine.

A bientôt pour de nouvelles aventures

Par Martin
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Mardi 14 août 2007

Comme vous l'aurez remarqué, ou pas,  le look du blog a changé. Ne vous inquiétez pas c'est juste pour me reposer du violet.
Info au cas où : pour voir les photos en grand, il faut ouvrir l'article, en cliquant sur son titre. Enfin bon j'espère que personne n'aura besoin de ce coup de pouce de ma part. D'ailleurs en fait il n'y a plus besoin maintenant les articles sont ouverts dès le départ.

Par Martin
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Mardi 14 août 2007


Catchai, en chileno ça veut dire "tu comprends", et chez certaines personnes l'emploi de cette interjection angloje nesaispastropquoi peut relever de la pathologie. 
Enfin bon à part ça voici une des photos qui représente la vue que tout étudiant lamda de l'UAHC peut savourer tous les jours depuis le dernier ètage de la cage d'escalier du batiment principal. Enfin tous les jours non, surtout après la pluie ou la neige quand la pollution a disparu, l'espace de quelques heures. Après la pluie surtout, parce que la neige est très rare dans la ville de Santiago, l'autre jour c'ètait la première fois depuis quarante, qui dit mieux, ans que la neige tombait. 
Bientót d'autres nouvelles visuelles.

Par Martin
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Mardi 14 août 2007



Voilà donc la première image, et non des moindres, que j'offre à vos yeux ébahis d'avance. L'Aconcagua, toit des Amériques, conique, dépassant d'une bonne tête ses camarades qui ne lui arrivent pas à la cheville. 
C'est une des premières photos prises, depuis l'avion, encore au dessus du territoire argentin. A bientöt pour de nouvelles surprises.

Par Martin
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Samedi 11 août 2007

Croyez moi si vous le voulez mais hier, ou était-ce avant-hier, eh bien il a neigé dans cette cuvette météorologique  santiagolaise. Enfin bon, on a vu des flocons de taille modérée tomber du ciel (euh, bah oui évidemment, sinon je me poserais des questions, docteur), c'était dans la soirée, mais la neige n'a pas tenu au sol au moins dans mon quartier, il paraît qu'ailleurs plus près des flancs de la Cordillère (superbe Cordillère) il y avait une certaine épaisseur (certaine, évidemment.). Enfin bon les toits des voitures sont restés blancs jusqu'au demain matin, les capots aussi du moins jusqu'à ce que les moteurs chauffent dans une mesure trop importante pour la structure cristalline fragile des flocounnets.
Toujours-est-il qu´hier matin le temps était très dégagé, un ciel bleu azuréen (tout les bleus sont azur voire azuréens au Chili et dans les pays hispanophones, tout ça grâce à l'étymologie, ahlahlah la linguistique) et depuis les avenues rectilignes et bien orientées la vue sur la Cordillère des Andes, superbe Cordillère, était imprenable. Donc une fois arrivée la pause du cours de vendredi matin, un cours très inéressant dont je vais dire un mot, j'ai escaladé la cage d'escalier extérieure du bâtiment principal de l'Université, qui s'élève à quelques étages (pas très haut, 5 ou 6, mais étant donné le quartier, résidentiel, ça suffit) et offre un sacrée vue panoramique sur les alentours de la ville. Enfin je n'étais pas au bout de mes surprises parce que je suis allé tout en haut pour la première fois et là le spectacle était tellement époustouflant que précisément j'ai failli en perdre le souffle, en plus j'étais en altitude pensez donc, et j'ai mitraillé à coup d'appareil photo. En plus il avait neigé la veille les monts étaient superbes. Un spectacle pareil on ne s'en lasse jamais. Enfin, c'est géneralement ce qu'on dit au début et puis ensuite on s'en lasse. J'en veux pour preuve l'air blasé de l'agent d'entretien sur la plateforme au sommet de l'université qui n'avait rien d'autre à faire que de lire le journal. 
Bon maintenant un mot sur le passionnant cours que j'ai tenté vendredi matin, à huit heures trente mais que voulez vous il ne faut pas sous-estimer ma détermination assoiffée de culture et d'enrichissement cognitif, bref. Donc hiit heures trente, cours intitulé "Encuentro de culturas y nuevo orden americano" (Rencontres de cultures et nouvel ordre américain, pour les incultes, tsss on n'a pas idée de ne pas parler español). Intitulé assez obscur donc, est-ce de l'histoire, de la sociologie, de la science politique, sur quelle période cela porte-t-il et de quelles cultures s'agit-il, et de quelle amérique d'ailleurs, celle du nord, la grosse moche toute grasse, ou celle du sud, la belle pauvre Cendrillon, ou bien des deux, l'hydre a double tête ? (me demandai-je auparavant). 
En fait dès le début du cours la prof a entendu nou mettre les idées en place :  le cours porte sur le  siglo XVI, celui de la "conquista", espagnole et portuguaise en premier lieu. Mais elle revendique l'adoption d'un point de vue assez différent de celui étudié visiblement par les élèves du secondaire en Amérique latine : le cours portera autant sur les "Amérindiens" ou plutôt "originaires" que sur les européens. Cést l'histoire de la rencontre, voire du choc, entre deux acteurs dont elle veut nous faire étudier l'action de chacun, les motivations, les stratégies, les modes d'implantation et de résistance ou collaboration. Yiipppee donc, un cours passionnant qui colle tout à fait avec mon projet de profiter de mes cours pour me familiaiser avec l'Amárique latine, son background historique et politique, etc. Par ailleurs c'est pour cela que je vais prendre les cours de Movimientos sociales en Chile en el siglo XX, et Historia de Chile y América Latina en el siglo XIX, sans parler de Fundamentos y perspectiva de la teoria democrática mais ça je n'ai pas encore la moindre idée de ce que c'est, le prof n'a pas montré le bout de son nez de toute la semaine, ce qui ne semble pas susciter l'émoi de l'administration. Mais bon si j'en crois Cote, un étudiante de ciencia política qui il y a deux ans passait son année à l'étranger à l'IEP de Rennes, cést un bon cours et un prof assez potable. 
retour sur le problème des heures de cours : j'ai compris, on m'a fait comprendre pourquoi un cours lambda durant trois heures sur le planning affiché, durait en fait quatre heures dans les faits et officiellement : parce qu'aux trois heures (souvent deux fois une heure et demie) assurées par le professeur titulaire, s'ajoute une heure soir deux fois une demi heure, de ayudantía c'est à dire d'assistance, par un assistant, c'est dire si le Chili vit toujours dans la culture de l'assistanat, tsss, ce n'est pas un gouvernement de Concertación qui va arranger les choses, il leur faudrait un bon Sarkotcher, euh pardon Thatkozy, et pardon Sarkochet, euh Pinozy, euh Pinochet, Reagan, qui que ce soit. Enfin bon, ce n'est pas si grave, parce que l'assistant développe des thèmes non abordés en cours en théorie. ce qui fait quatre heures par semaine, plus de soixante par semestre, donc en trois cours je remplis mon quota de 180 heures, mais bon quatre serait prudent et intéressant qui plus est je pense.
ceci dit c'est la fin de mon heure de cyber café
A plus les djeun's

Par Martin
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