Mardi 9 novembre 2010 2 09 /11 /Nov /2010 02:15

J'entre dans l'immeuble et j'entends ce bourdonnement inhabituel. La porte se referme tandis que j'allume la lumière à droite : oui il s'agit bien de mon ventilateur qui est en marche depuis plusieurs heures (je calcule : c'est bien ça, 8 heures) et ne s'est pas arrêté comme je l'espérais en tenant compte de la baisse du taux d'humidité. Est ce que je présume trop du degré de sophistication de l'appareil, ou bien je sous-estime le taux d'humidité de mon appartement et de ma salle de bain en particulier?

En montant les escaliers de, que dis-je, la maison, un bâtiment des années 20 selon mes estimations comme chacun sait très fiables en matière architecturale. Une maison individuelle divisée en 6 logements, dont 5 petits studios, la partie du rez-de-chaussée ayant été agrandie, donnant sur un petit jardin tout en longueur, peu entretenu mais très vert. Ma fenêtre donne dessus, la chanceuse, et au-delà je peux admirer d'autres jardins, des arbres, des logements individuels assez lointains pour ne pas faire office de vis-à-vis. Rares sont les constructions à dépasser la mienne, les deux étages. Quelques immeubles sont disséminés par-ci par-là, dans ce quartier de classes moyennes.

Le matin et jusqu'à l'heure du déjeuner, le soleil daigne illuminer directement ma petite pièce, sous réserve de l'absence de nuages. Mais à l'heure qu'il est il fait nuit et je monte les escaliers, nous sommes déjà demain, et le ventilateur qui s'entend très bien dans la cage d'escalier a du géner pendant des heures mes voisins immédiats. Arrivé sur mon palier j'entends des voix et des rires chez ma voisine d'en face, deux personnes, le remords reflue. Je tourne la clé dans la serrure du verrou, ouvre, allume et aussitôt je baisse l'interrupteur du ventilateur ainsi que celui du chauffe-eau que j'avais oublié d'éteindre.

Par Martin
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Dimanche 3 octobre 2010 7 03 /10 /Oct /2010 16:05

Avec le nouveau mouvement (pour un cours nouveau) du rassemblement des écologistes avec les verts (part écologiste, confédération écologiste) - Europe-Ecologie, nous sommes à la hauteur des enjeux du XXIe siècle.

En effet puisque de toute façon c'est trop tard, rien ne sert de s'embarrasser des exigences qui mettaient la barre un peu trop haut. En la rabaissant on est désormais sûrs de retomber sur nos pattes, dans le magma institionnel et gestionnaire de la réalité qu'il faut bien affronter hein ! Et ne pas trop secouer, sinon ça casse (oui mais si c'est déjà que des morceaux éparpillés, qu'est ce qu'on fait ?).

En attendant les tractations vont bon train en ce moment charnière qui va décider de la structure de l'avEEnir, comme disent les bisounours de la direction exécutive du groupuscule juvénile de couleur espérance.

PM se fait doubler sur sa gauche (ou plus exactement sur son côté radical), ce que je n'aurais jamais cru possible. Son optimisme soudain est-il synonyme de soulagement, donc à partager, ou de retournement de veste ? L'acharnement persistant de CD (qu'il aime bien quand même, y compris politiquement, dixit lui) à son égard me ferait pencher pour la première des réponses. A moins qu'il ne s'agisse d'un jeu de rôles savamment orchestré ?

Par ailleurs sa tièdeur sur le tirage au sort, et son attachement à peine masqué à son poste au futur CF me font penser que décidément le diable est partout, et surtout dans les détails. L'histoire en train de se faire c'est drôlement passionant, on se rend compte que c'est compliqué, en fait.

Cette observation politico-anthropologo-sociologique en direct pourrait faire office d'un préalable utile à mon éventuelle thèse... projet que je vais m'empresser de creuser de ce pas

Par Martin
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Mardi 15 juin 2010 2 15 /06 /Juin /2010 12:06

- Ce sont les ustensiles de la grand-mère de Valérie, elle me les a donnés.

- Valérie...

- Valérie, du ennpéha.

- D'accord.

- Pas mal non ?

- Mais c'est la grand-mère ou bien c'est Valérie qui te les a donnés ?

- C'est Valérie, elle vient de perdre sa grand-mère.

- Et les ustensiles avec.

- Hein

- Non non, rien, c'est moi, .

Par Martin
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Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 12:13

C'est bien connu, le brouillard londonien est à part. Un mélange de fog et de smoke. Et là c'est tout le pays qui est dans le brouillard. Pas la faute des électeurs, contrairement à ce que les commentaires journalistiques stupides peuvent laisser entendre : "Les britanniques ont dit oui aux Tories mais pas trop", "ils en ont marre des travaillistes mais en veulent pas qu'ils disparaissent", etc. Du grand n'importe quoi : c'est juste que les britanniques sont divisés, comme d'habitude et comme tout le monde, sauf que cette fois-ci la manière de comptabiliser les voix fait que ça pose un problème institutionnel.

Autre aspect du "brouillard" : l'impasse que beaucoup font sur le vote des britanniques. Par exemple hier soir, soirée spécial de France-Info : pendant deux heures on nous répète la projection en sièges pour chaque grand parti, sans une seule fois citer les pourcentages en voix !! Est ce le signe d'une déconnection grandissante entre la population et le fonctionnement institutionnel ? J'en ai peur. Car on arrive à des choses aberrantes. Par exemple les Tories pourraient gouverner avec leur majorité relative. Majorité qui est presque absolue à la House of Commons mais très, très relative en voix : avec 37%, ce serait un des gouvernements les moins "populaires" d'Europe. Après tout, chez nous Sarkozy a été élu avec 53% des voix, en Espagne et en Italie il a fallu plus de 40% des voix à Zapatero et Berlusconi pour accéder à la présidence du gouvernement, sans parler de Merkel dont la coalition frôle la majorité absolue des suffrages.

Avec un bon vieux système proportionnel, il n'y aurait pas tant de problème : aucun parti n'aurait la majorité absolue, comme c'est le cas dans la plupart des démocraties, et les contours d'une alliance auraient été dessinés dès la campagne électorale (les LibDems auraient été obligés de choisir et de sortir de leur "change" et "fairness" ambigues et démagogiques). Dans un sens ou dans un autre : Lib-Lab ou Con-Lib.


Brouillard aussi sur les marchés financiers, puisqu'on semble avoir réalisé depuis quelques semaines qu'en ces lieux réside un pouvoir politique gigantesque. Mme Lagarde disait hier "je ne veux pas qu'on perde notre note AAA" ; formidable, elle préfère rendre des comptes aux investisseurs -que dis-je aux spéculateurs- qu'aux gens, qui eux sont des millions ! Donc la suspension du parlement britannique dans les nuages, et l'incertitude qui plane sur l'identité du prochain occupant du 10 Downing Street, semble avoir un effet néfaste sur la livre sterling, sur les marchés. Tout ça dans un contexte de gaffe numérique à New-York-City hier, de chute des cours en Asie, de crise de la zone euro... C'est du joli.


Surtout que quoi qu'il arrive, nous chers dirigeants vont nous concocter de belles rigueurs. Merci Fillon, Merkel, Zapatero, Brown, Cameron, Caramanlis... Visiblement pour eux la crise est tout sauf une "opportunité" de passer à autre chose. Ca urge, pourtant

Par Martin
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Dimanche 2 mai 2010 7 02 /05 /Mai /2010 11:21

Sur la question précise du voile, je suis tombé sur un article passionnant dans Courrier international.

Le titre choisi par la rédaction est simplificateur mais expressif : "Libéraux mais peu tolérants. Face à l'islam, les européens dérapent".

L'article est paru initialement dans Die Zeit à Hambourg, et signé par Carolin Emcke.

Voici un extrait éclairant à mon avis :


"La question est moins de savoir si certaines jeunes filles et femmes musulmandes sont contraintes à porter le voile -cela ne fait aucun doute-, que de savoir ce qui opprime. Est-ce vraiment le morecau de tissu lui-même ? Ou bien le système patriarcal, qui ignore l'autonomie des femmes ? L'interdiction du voile supprime-t-elle la structire à l'origine de l'oppression ? Ou bien cette interdiction ne fait-elle que remplacer la soumission au père ou à l'époux par une soumission à la société ou à l'Etat ? Les femmes ne devront ou ne pourront plus porter le voile, soit, mais seront-elles pour autant libérées de la structure qui opprime ? Des possibilités de formation et d'emploi ne constitueraient-elles pas des instruments d'émancipation nettement plus prometteurs qu'une interdiction du hidjab ou de la burqa ?"

Par Martin
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Dimanche 2 mai 2010 7 02 /05 /Mai /2010 10:51

Messieurs Hortefeux et Compagnie prétendent défendre la condition féminine dans notre beau pays ! Machistes de tout acabit, garez-vous ! Diantre !

Il faut combattre sans relâche l'oppression des femmes et lutter pour l'égalité entre les genres. C'est ce que font les écolos depuis des décennies.

Les droites récupèrent ce noble combat pour alimenter quelque chose de plus nauséabond : le nationalisme xénophobe. On considère comme allant de soi que, la France étant la patrie des droits de l'homme, elle est aussi, par essence sinon depuis la nuit des temps, la patrie de l'égalité hommes-femmes. 

Balivernes ! Regardons les décès quotidiens des femmes sous les coups de leurs hommes, la mainmise masculine sur les institutions de pouvoir, les manifestations quotidiennes de supériorité virile, bienveillantes ou malveillantes.

Mais on n'hésite pas à menacer un polygame de perdre sa nationalité française ! Car cet homme n'est français qu'à la surfance, en essence il est musulman donc potentiellement néfaste ! Ce serait très différent avec un auvergnat polygame : essentiellement français puisque de naissance, si possible sur plusieurs générations, il se serait polygame (c'est-à-dire brebis galeuse) qu'accidentellement. Une simple suspension des droits civiques suffirait à le remettre dans le bon chemin.

Cette essentialisation des identités me fait froid dans le dos. Les éléments néfastes devraient être exclus de la communauté nationale ! Allons donc ! Ca me rappelle les années 1930.

 

Par Martin
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Jeudi 22 avril 2010 4 22 /04 /Avr /2010 15:54

La lecture de la presse de la pensée dominante libérale peut être étonnemment utile. Parfois. Par exemple l'édition européenne de Newsweek. Dans son dernier numéro (du 26 avril 2010), un article traite de l'essor des discours xénophobes en Europe.

En Hongrie, le parti de droite vient de remporter la majorité absolue des suffrages et des sièges du Parlement. En surfant notamment sur une vague d'antisémitisme. Non sans un coup de pouce du désormais troisième parti du pays, l'extrême droite, encore plus virulente. Dans les discours le capital juif est présenté comme un des responsables éminents de la cagasse économique dans laquelle nous sommes plongés (et les hongrois, tout particulièrement).

Les sorties de certains membres du nouveau parti gouvernemental rivalisent largement avec celles, mettons, du FN chez nous. Et encore, si on veut vraiment comparer, le FN se montre relativement modéré.

En France on a tendance à présenter le vieil antisémitisme chrétien comme disparu ou presque. Pour mieux accuser les beurs et autres basanés de représenter le nouvel antisémitisme, la nouvelle menace dont la civilisation et en particulier les minorités juives, et Israël, seraient les victimes.

C'est se tromper lourdement. Ce qu'on appelle en France le nouvel "antisémitisme" provient d'une minorité aliénée. Cet antijudaïsme ou antisémitisme ou autre, je ne sais pas quel terme convient (ni si un terme unifiant est nécessaire), n'a rien à voir avec le vieil antisémitisme. Ou disons plutôt, l'antisémitisme traditionnel, car il est encore bien là. Raymond Barre nous l'avait récemment rappelé en France. Cet antisémitisme, qu'on peut quand même juger fortement affaibli ici en France, est le fait sinon d'une majorité numérique du moins d'une majorité au sens culturel : ce sont les vieux nationalismes qui resurgissent. Classes moyennes, supérieures, populaire, blanches, conservatrices. C'est très clair en Hongrie où la xénophobie s'attaque autant aux Tziganes qu'aux Juifs. Ces xénophobies et en particulier cet antisémitisme sont donc dangereux : de nature "mainstream", ils sont susceptibles de se traduire au niveau institutionnel.

Leur traduction est d'ailleurs avérée. Il suffit de jeter un oeil aux politiques d'immigration aujourd'hui en Europe. Au statut des Tziganes et Romanichels. D'écouter les débats entre formations politiques. La semaine dernière par exemple, sur le plateau de la BBC, Brown, Cameron et le pseudo-libéral Clegg rivalisaient d'inventivité pour limiter l'entrée d'immigrants sur le sol national. Je veux dire, d'africains et d'asiatiques, car il est évident que les ingénieurs et médecins caucasiens seront toujours les bienvenus.

En somme, j'ai la trouille. On se rassure depuis des décennies en disant que "nous sommes en démocratie !". Assertion qui a encore gagné en crédibilité depuis que la pseudo alternative soviétique et la critique communiste qui allait avec  se sont évanouies en fumée. Puisque, nous dit-on, nous sommes dans des régimes par nature démocratiques et libéraux (c'est-à-dire des démocraties libérales, comme on dit), il n'y a aucun risque ! Il faudrait une rupture brutale, quelque chose comme un coup d'Etat... ou une invasion étrangère, pour que des autoritarismes se mettent en place. Et les phénomènes de privation abusive de liberté seraient des pis-allers, des épiphénomènes. Nous parlons là des CRA, du refoulement des immigrés vers la Libye, des prisons surpeuplées, des internements psychatriques à la pelle.

Le problème c'est que la "démocratie libérale" ou les régimes qualifiés comme tels, peut très bien s'accomoder de l'installation progressive des bases d'un ultérieur régime autoritaire. En devenant elle-même de moins en moins libérale, de moins en moins démocratique. On l'a vu dans les années 1930 avec l'ouverture de camps de concentration (c'était le terme utilisé à l'époque déjà) dans le sud de la France pour y parquer les espagnols. Espagnols qui se trouvaient être républicains, révolutionnaires, bref subversifs.

Je crois que nous nous retrouvons dans une conjoncture historique similaire. Nos institutions n'étant pas à même de gérer démocratiquement et solidairement les difficultés sociales, environnementales, psychologiques, qui s'accumulent, le recours à l'autorité unilatérale sera de plus en plus fréquent pour trancher le noeud gordien du désordre. Les mécanismes tels la biométrie, puces RFID, technologies génétiques, nanos, fichages, videosurveillances, sont autant de menaces.

A bientôt, pour voir.

Par Martin
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Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /Avr /2010 16:45

Les élections générales du 6 mai prochain au Royaume-Uni pourraient, devraient, susciter attention et intérêt... Il s'agit tout de même de désigner l'essentiel des organes législatifs (la Chambre des Communes) et le gouvernement qui en résultera.

 

Pourtant peu de choses se jouent. Qu'est ce que ça changerait si les conservateurs remplaçaient les travaillistes ? Ce serait pire, mais à part ça... Et si les travaillistes étaient reconduits ? Peut-être qu'ils seraient un petit peu moins destructeurs, productivistes, sécuritaires, liberticides, va t'en guerre, que précédemment... Mais vraiment, je ne vois pas pourquoi. Quant aux libéraux-démocrates, ils sont sympas, Nick Clegg est vachement charismatique, mais eux non plus ne remettent pas en question la présences troupes britanniques en Irak et en Afghanistan, ne proposent pas de projet ambitieux pour le système de santé, d'envisagent pas de rendre public le transport ferroviaire... Tout-juste ont-ils une approche un peu moins comptable de l'immigration que les deux autres.

 

Non vraiment, pour que les choses changent il n'y a qu'une chose à faire : faire gagner les Verts, the Greens. Pas trop d'espoirs à avoir de ce côté là non plus, puisqu'ils restent tellement marginaux qu'ils n'apparaissent même pas dans les sondages (noyés dans les "Other" ou bien "None of the above").  Tout juste peuvent-ils espérer conquérir 1 siège de MP (Member of parliament), dans la circonscription de Brighton. Les joies du scrutin uninominal à un tour !

 

C'est quand même bien dommage car les Verts britanniques semblent, selon le peu que je connais d'eux, assumer à eux tous seuls ou presque (dans le champ électoral en tout cas) la transformation sociale de gauche. Eux proposent de nationaliser le transport ferroviaire, une politique de redistribution radicale des richesses, etc. Contrairement, on l'aura compris, au Labour de Mr. Brown. Pour un commentaire par un journaliste du pays anguleux, allez voir : http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2010/apr/18/general-election-2010-green-party

 

Pour autant gardons espoir, tout n'est pas perdu ! Les changements politiques trouvent parfois leur début dans les détails. A cet égard les élections du 6 mai pourraient entraîner un changement superstructurel non sans conséquences politiques à long terme. Je parle du détail qui a émergé depuis quelques semaines dans le microcosme politique britannique (je dis microcosme parce que sincèrement, qui s'en soucie sérieusement... ?) : l'éventualité d'un "hung parliament". C'est à dire qu'aucun parti ne dispose de la majorité absolue des sièges à la House of Commons. C'est très possible, à condition que le parti qui arrive en tête n'ai pas une très grande avance sur le deuxième. Et cette possibilité semble s'accentuer ces jours-ci, avec la montée surprenante des libéraux-démocrates, du moins dans les sondages et dans les médias, principalement au détriment des conservateurs : les trois grands partis recueilleraient chacun autour de 30% des suffrages. Du coup, les libéraux-démocrates seraient forcément partie prenante d'une coalition, au sein du gouvernement ou en soutien d'un gouvernement conservateur ou travailliste minoritaire.

Dans cette situation, les LibDems pourraient exiger des Tories ou, plus vraisemblablement, du Labour, l'application d'une de leurs revendications-phare : une réforme des institutions. C'est d'ailleurs sans doute le point le plus positif de leur plateforme, "démocrate" et "libéral" au bon sens du terme, lui. Il s'agirait en particulier de :

  

-instaurer une Chambre haute élue au suffrage universel en remplacement de l'aristocratique et cooptationniste Chambre des Lords ;

-réformer le mode de scrutin pour les élections générales, favorisant le multipartisme au dépens du bi-partisme, via l'ajout d'un deuxième tour au scrutin uninominal, voire l'instauration d'une forme de proportionnelle ;

-renforcer les échelons locaux et la démocratie locale.

 

Tous ces points feraient un peu respirer la démocratie britannique. D'un point de vue très partisan, les Greens pourraient en tirer avantage en obtenant des représentants dans toutes les instances, tout en pouvant peser plus là où ils sont déjà parfois forts : les City Councils, conseils municipaux.

 

Et d'un point de vue plus large : ce genre de réforme qui permet une plus grande représentation de la société dans sa diversité (politique, en tout cas) dans les institutions décisionnelles, me semble indispensable si l'on veut éloigner la perspective d'une rupture croissante entre le pouvoir et les citoyens.

En d'autres termes, je crois que nos institutions superstructurelles actuelles sont considérablement rigides au regard des tensions que la société risque de connaître demain. Si le crise se poursuit ou se reproduit, si les conditions de vie, sociales, environnementales, continuent de se dégrader, ce qui est selon moi très probable à moyen terme, et que les institutions sont incapables de donner une voix au mécontentement qui en découle, alors c'est dans la rue que les choses risquent de se passer. Et je pense y compris aux mouvements anti-immigration. Je préfèrerais quelques bouledogues haineux au Parlement que des lynchages d'afghans ou de pakistanais en place publique.

Et dans l'idéal, des gouvernements d'alliance Gauche socialiste/Ecologistes à des gouvernements minoritaires socio-libéraux qui laisseraient des mouvements sociaux se marginaliser ou se radicaliser outre mesure ailleurs.

Bref l'enjeu c'est d'éviter une dérive progressive vers des démocratures ou dictamolles, comme on dit en espagnol (democradura, dictablanda).

Par Martin
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Samedi 3 avril 2010 6 03 /04 /Avr /2010 15:40

Ma vision de l'avenir idéal (c'est à dire, opportun) d'Europe Ecologie découle naturellement du début d'analyse réalisé dans l'article précédent :

Europe-Ecologie doit faire vivre deux niveaux d'engagement et de fonctionnement.


1- Un premier niveau très structuré, de type partisan, aujourd'hui essentiellement les Verts, dont les adhérents présents et à venir disposent d'un droit de vote. Ce parti (et donc ceux qui choisissent d'y adhérer) effectue les choix stratégiques et politiques, notamment la désignation des candidats. Cela implique que le gros des candidats à la candidature proviennent du parti, ou bien adhèrent en préalable au parti. En plus, le parti peut valider des candidatures d'ouverture.


2- Un deuxième niveau plus souple doit faire vivre un type de militance plus souple, "à la carte", sans droit de vote, sans adhésion comme actuellement (ou bien avec une adhésion simple et cotisation minime (10€ max)). Nombre de signataires d'Europe-Ecologie n'ont en effet, à l'heure actuelle, aucune envie d'adhérer à un parti quel qu'il soit.

En parallèle avec ce militantisme de base, doit se dérouler le travail de fond, et c'est le second intérêt de ce second niveau d'organisation. L'élaboration programmatique en lien avec les réseaux associatifs et de militantisme de terrain peut en effet se faire dans cet espace informel / peu structuré, par exemple au sein de commissions thématiques, forums internet, assemblées, assises périodiques... On peut même imaginer des instances permanentes regroupant des représentants officiels ou non d'associations, de syndicats, etc. Les programme naissant de cette co-élaboration devant être ensuite validé par les instances élues du parti (niveau 1), mais si les valeurs sont partagées il ne devrait pas y avoir de problème (si ?).


Le problème (que ne manqueront pas de pointer certains) : les Verts ne paraissent pas assez accueillants pour être le parti mentionné en 1. A mon avis c'est essentiellement une question d'image. Les statuts actuels des Verts sont certes lourds mais dérivent de nombreuses années d'expérience et d'expérimentations ; par rapport aux autres partis français (caporalisés comme l'UMP ou le PC, ou fragmentés comme le PS) leur fonctionnement est très satisfaisant, y compris en ce qui concerne le poids des courants. Reste que les groupes locaux des Verts (c'est surtout là que l'enjeu se trouve selon moi : l'espace de militantisme des nouveaux adhérents) doivent faire un effort d'accueil. Bienvenue à tous !

Par Martin
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Samedi 3 avril 2010 6 03 /04 /Avr /2010 15:08

Avant de s'abandonner aux symptômes de la paraphite aigüe, dont semblent souffrir nombre de nos dirigeants écolos, il est utile de faire un rapide bilan d'Europe-Ecologie.

 

Les points négatifs : le manque de démocratie et la cooptation à tout-va et dans tous les sens.

Les points positifs, c'est plus intéressant :

1- l'engagement de nouveaux militants de l'écologie politique. Des personnes qui viennent du militantisme associatif, syndical, ou tout simplement qui s'engagent pour la première fois, des citoyens. Ils apportent avec eux des compétences, des intérêts pour des thématiques parfois délaissés par les écologistes de la première heure, notamment les questions sociales classiques. Surtout, ils permettent de diversifier les modes d'action, de fonctionnement, de l'écologie politique en tant que force politique.

2- ce renouvellement des effectifs et des angles d'attaque suppose également de nouveaux points de contact, et donc de nouveaux échanges, avec les "réseaux associatifs", et cela est particulièrement intéressant en ce qui concerne l'élaboration programmatique. Je n'ai pas trop d'éléments de comparaison avec le passé mais il me semble avoir compris que cette fois-ci, nos programmes (européen, régionaux) collaient davantage et de très près aux préoccupations et enjeux concrets des différents secteurs (industrie, énergie, agriculture...). Cela grâce aux relations étroites entretenues avec les militants associatifs.

3- le résultat du point 2 est que nous nous convainquons que nous sommes potentiellement majoritaires. Nos programmes sont "réformistes" au bon sens du terme : on part de l'existant et on change tout. Crédibles pour nous-mêmes, nous le sommes peut-être d'autant auprès de la société (bon je sais ça fait un pêu triomphaliste mais ce pourrait être un changement qualitatif de portée historique !).

 

Pour résumer : les points positifs touchent à la base de l'écologie politique - la militance - et à son fond ; l'élaboration programmatique, en d'autres termes l'incarnation politique de nos valeurs.

Quant aux points négatifs évoqués au début, il s'agit de questions de personnes. L'application systématique (en principe) du quota de 50% de "non-verts" sur les listes a donné l'occasion aux pires foires d'empoigne entre candidats à la candidature. C'était inévitable puisqu'aucune procédure de désignation démocratique n'était prévue.

Mon avis est le suivant : en règle générale, les candidats en position éligible sur les listes doivent être mandatés delon un procédure démocratique. Puis, après l'élection, rendre des compte à ceux dont on est le porte-parole, et recevoir leurs soutien dans le travail d'élu. Cela suppose des règles du jeu un structure, et en gros, l'appartenance à ce qu'on peut appeler un parti politique.

Cela ne veut pas dire qu'il faut arrêter l'ouverture. Pour moi les candidats doivent s'engager fortement dans un collectif et donc, adhérer à quelque chose de structuré - car ils ne peuvent rester simplement des "électrons libres". Marginalement (à hauteur de 20% des places sur les listes par exemple), on peut imaginer de la "vraie" ouverture pour des personnalités de très haute qualité, exceptionnelles, etc (type René Louail en Bretagne).

 

Les conclusions en ce qui concerne l'avenir d'Europe-Ecologie suivent dans l'instant.

 

 

 

Par Martin
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